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  FICHE DU BÂTIMENT 
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Station de pompage McTavish, façade ouest
©Ville de Montréal, 2006
 
Station de pompage McTavish, façade nord
©Ville de Montréal, 2006
 
Station de pompage McTavish, façade nord (détail)
©Ville de Montréal, 2006
Les termes précédés d'un sont définis au glossaire.
Numéro d'ouvrage :

270

Nom du bâtiment :

Station de pompage McTavish

Adresse civique :
  • 815-855, avenue du Docteur-Penfield
Arrondissement ou ville :

Ville-Marie (Montréal)

Secteur d'intérêt patrimonial :

Campus McGill

Localisation :
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Propriété municipale d'intérêt patrimonial  
Catégorie : Bâtiments
Statut de propriété : Propriétaire
Profil : Industriel
Usage principal actuel : Station de pompage (aqueduc)
Intérêt patrimonial : Bâtiment municipal d'intérêt patrimonial
Type de bâtiment : ouvrage relié au traitement de l’eau
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Construction  
Date de construction initiale :

1928-1932

Nom du concepteur de la
construction initiale :
  • Charles-Jules Des Baillets
    (ingénieur)
    Charles-Jules Des Baillets est né en 1884 à Genève, en Suisse. À 19 ans, il obtient un diplôme en génie de l’Université de Bienne et il entreprend sa carrière en travaillant à l’électrification des zones rurales de la Suisse. En 1904, il s’embarque pour le Canada. Entre 1904 et 1920, il travaille successivement comme ingénieur pour la compagnie de papiers Rolland, la Shawinigan Water & Power Co. Ltd., la Canada Paper Co. Ltd., la Canadian Westinghouse Co. Ltd., puis comme gérant des services publics de la Ville de Sherbrooke. À partir de 1920, il travaille à la Cité de Montréal, où il est nommé ingénieur en chef de la Commission de l’Aqueduc en 1921, puis ingénieur en chef de la division technique des Travaux publics de 1941 à 1949. L’usine Charles-J.-Des Baillets, deuxième usine de filtration du réseau de l’Aqueduc de Montréal, construite entre 1973 et 1978, est nommée en son honneur.
  • Jean-Omer Marchand
    (architecte)
    Né à Montréal en 1873, Jean-Omer Marchand fait des études au Collège de Montréal, puis son apprentissage dans la firme Perrault et Mesnard, qu’il complète par des cours du soir à l'École des arts et manufactures. Vers 1893, il part pour la France, où il obtient un diplôme de la prestigieuse École des Beaux-Arts de Paris. En 1902, il revient à Montréal pour y ouvrir un cabinet d’architecte. Il sera associé avec l’Américain Samuel Stevens Haskell jusqu’à 1913, année du décès de ce dernier. On leur doit, entre autres, la chapelle du Grand Séminaire des prêtres de Saint-Sulpice, 206 Sherbrooke Ouest (1902-1907), la maison mère des sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, 3040 Sherbrooke Ouest (1904-1906), et l'église Sainte-Cunégonde, 2461 Saint-Jacques (1904-1906), tous trois situés à Montréal, ainsi que la cathédrale de Saint-Boniface au Manitoba (1905-1908), détruite par un incendie en 1969. Après 1913, Jean-Omer Marchand s’associe ponctuellement avec différents architectes. Parmi les collaborations de cette époque, on retrouve R.-A. Brassard pour la prison de Bordeaux, 800 Gouin Ouest (1905), Joseph Venne pour l’église Saint-Pierre-Claver, 2000 Saint-Joseph Est (1915), Ernest Cormier pour l'École des Beaux-Arts, 3450 Saint-Urbain (1922), et John Pearson, un architecte de Toronto, pour l’édifice du Centre situé sur la colline parlementaire à Ottawa (1916-1927). À la suite de cette commande, Jean-Omer Marchand sera reconnu comme le principal architecte canadien-français de son époque.
Nom du propriétaire constructeur :
  • Ville de Montréal
    (propriétaire de 1928 à aujourd'hui)
    Ce bâtiment a été construit entre 1928 et 1932 pour la Commission de l’Aqueduc du Service des travaux publics de la Ville de Montréal. La station de pompage McTavish est toujours en opération.
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Station de pompage McTavish, façade sud (détail)
©Ville de Montréal, 2006
 
 
Évolution du bâtiment  

Histoire de la thématique du groupe ciblé

Jusqu’au début du XIXe siècle, les habitants de Montréal obtenaient leur eau à partir de trois principales sources : les cours d’eau sillonnant le territoire, les quelques puits et fontaines publics alimentés par des sources naturelles et les porteurs d’eau. Mais face à la croissance démographique et à une demande en eau toujours plus importante, la Compagnie des Propriétaires des eaux de Montréal, la première compagnie d’alimentation continue en eau potable, est fondée en 1801. Elle sera vendue à d’autres intérêts privés en 1816, puis encore en 1833 et elle est rachetée par la municipalité en 1845. Jusque là, le réseau est marqué par de nombreuses difficultés : les conduites d’eau sont trop étroites et les bris sont fréquents en raison des écarts de température ; la quantité d’eau ne suffit pas à la demande ; les premiers réservoirs en bois deviennent rapidement désuets et doivent être remplacés ; les nappes d’eau deviennent de plus en plus insalubres. Une fois en possession du réseau existant, la Ville de Montréal entreprend de l’améliorer, et surtout, d’étendre la distribution d’eau à un plus grand territoire.

Le grand incendie de Montréal, en 1852, ravage une part importante des installations de distribution d’eau. Face à la nécessité de reconstruire une partie du réseau, la municipalité voit l’occasion de repenser le système afin de trouver une solution aux problèmes d’approvisionnement et de distribution d’eau potable. La tâche est confiée à Thomas C. Keefer, qui conçoit alors les bases du système d’aqueduc actuel de la Ville de Montréal. En 1854, la municipalité achète, des sulpiciens, un terrain de 80 acres situé sur la pointe nord-est de l’actuel arrondissement de Verdun, au pied de l’avenue Atwater. Un canal de 2,4 km est creusé pour amener l’eau du fleuve vers le Pavillon des roues, bâtiment situé à l’emplacement de l’actuelle usine Atwater. L’eau du canal sert alors pour l’approvisionnement en eau et comme force motrice pour actionner les pompes. Le réseau de l’Aqueduc est constamment amélioré au fil des ans : construction ou agrandissement de réservoirs d’eau sur la montagne, remplacement des pompes hydrauliques par des pompes à vapeur, puis par des pompes électriques, élargissement du canal de l’Aqueduc, installation d’une nouvelle prise d’eau, ajout d’usines de filtration, etc.

Au début du XXe siècle, on retrouve encore à Montréal deux réseaux de distribution d’eau potable, soit le réseau public, appartenant à la Ville, et un réseau privé, propriété de la Montreal Water and Power Co., ce qui entraîne d’importantes inégalités ainsi qu’un dédoublement dans les réseaux. Ce problème, lié au contexte sociopolitique de l’époque, amène la municipalisation de la compagnie en 1927. La construction de la deuxième station de pompage McTavish (1928-1932), en remplacement de la première, datant de 1875 et démolie, permet de réunir les deux réseaux de distribution d’eau en un seul.

Le site de la station de pompage McTavish comprend également un réservoir. Le premier réservoir McTavish, qui était à ciel ouvert, a été construit entre 1854 et 1856 dans un banc de calcaire en bordure de l’avenue Carleton (actuellement du Docteur-Penfield). Au début, il agissait uniquement en tant que réservoir stabilisateur, c’est-à-dire qu’il emmagasinait le surplus d’eau pompée pendant les heures de faible consommation, pour ensuite libérer le surplus accumulé aux heures de forte demande. Il a été agrandi à plusieurs reprises avant la construction d’un nouveau réservoir couvert entre 1945 à 1948, aménagé au même emplacement.

Points d'intérêt

Cette station de pompage est la deuxième à être construite à cet emplacement, sur le flanc sud du mont Royal. La première a été érigée en 1875 à proximité du premier réservoir d’eau potable, aménagé dès 1855-1856 sur le site. Elle est démolie et remplacée en 1928-1932, sous la responsabilité de l’ingénieur Charles-Jules Des Baillets et selon les plans du célèbre architecte Jean-Omer Marchand. La nouvelle station s’inscrit dans la foulée des travaux de modernisation et d’accroissement du réseau d’aqueduc et d’égouts entrepris à la fin des années 1920.

La station de pompage moderne, construite en béton armé et en acier, prend l’allure, à l’extérieur, d’un château de la Renaissance française. L’édifice reprend en effet plusieurs éléments architecturaux propres aux châteaux de la Loire, dont des tours qui rappellent les donjons, des tourelles en encorbellement coiffées de toitures en poivrière, des mâchicoulis ainsi que des fenêtres en croisée en pierre ou arquées. Les volumes très articulés, qui donnent un aspect pittoresque à l’ensemble, sont revêtus d’un parement de pierre de taille en calcaire de Deschambault. Les toitures à forte pente, originellement recouvertes d’ardoise, sont décorées d’épis de faîtage en cuivre. Des bandeaux horizontaux, un arc à trois points en pierre sculptée au-dessus de l’entrée principale et des cartouches en bas-relief représentant les armoiries de la Ville complètent l’ornementation abondante du bâtiment.

L’immeuble, long et mince, a été agrandi vers l’ouest en 1947-1949 et au centre vers 1967, en respectant le style d’origine. Il constitue une surprise dans la trame urbaine, mais s’intègre bien à son milieu par son architecture qui fait référence à d’importants bâtiments du secteur, dont l’hôpital Royal Victoria, les immeubles du campus de l’Université McGill et certaines résidences du Mille carré doré. Le parc Rutherford, aménagé sur le toit du grand réservoir d’eau potable adjacent, met en valeur l’architecture de la station de pompage, qui a conservé sa fonction d’origine ainsi qu’un bon état d’authenticité au niveau de son architecture.

Transformations majeures :
(dernière mise à jour le 30 mars 2007 )
  • Travaux 1
    Date des travaux : 1947
    Fin des travaux : 1949
    Modification à la volumétrie horizontale du bâtiment.

    Construction de l’aile ouest.

    Concepteur de la transformation :
    J. Y. Dorance (ingénieur)
     
  • Travaux 2
    Date des travaux : 1967
    Fin des travaux : 1970
    Modification à la volumétrie horizontale du bâtiment.

    Agrandissement de la partie centrale à toit plat et modifications intérieures.

    Concepteurs de la transformation :
    Pierre Ronco (architecte)
    Gérard Masson (architecte)
     
  • Travaux 3
    Date des travaux : 1972
    Fin des travaux : 1973
    Réfection des toits.

    Réfection des toits et remplacement de l’ardoise par du bardeau d’asphalte.

    Concepteurs de la transformation :
    Pierre Ronco (architecte)
    Gérard Masson (architecte)
     
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Intérêt et protection patrimoniale du bâtiment  
Le bâtiment est protégé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en vigueur depuis le 19 octobre 2012, par les statuts suivants :
  • Situé dans le site patrimonial du Mont-Royal (déclaré).
    Anciennement un arrondissement historique et naturel (2005-03-09) (juridiction provinciale)
  • Situé dans le site patrimonial du Mont-Royal (cité).
    Anciennement un site du patrimoine (1987-12-18) (juridiction municipale)
Le bâtiment est identifié aux documents d'évaluation du patrimoine urbain dans la catégorie suivantes :
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Bibliographie sur l'immeuble  

Pour plus d'information sur l'histoire ou l'architecture du bâtiment,
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Données mises à jour le 3 septembre 2012