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Le marché Bonsecours vu de la rue de la Commune.
© Photographie de Normand Rajotte réalisée pour l'ouvrage L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine, 2004
 
Le corps de bâtiment central.
© Photographie de Normand Rajotte réalisée pour l'ouvrage L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine, 2004
 
Le marché Bonsecours vu de la rue Saint-Paul.
©Denis Tremblay, 2008
Les termes précédés d'un sont définis au glossaire.
Nom du bâtiment :

Marché Bonsecours

Adresses civiques :
  • 300-390, rue Saint-Paul Est
  • rue de Bonsecours
    (façade latéralesans numéro civique)
  • rue du Marché-Bonsecours
    (façade latéralesans numéro civique)
  • 305-395, rue de la Commune Est
    (façade secondaire)
Arrondissement ou ville :

Ville-Marie (Montréal)

Secteur d'intérêt patrimonial :

Vieux-Montréal

Localisation :
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Construction  
Date de construction initiale :

1844-1848

Nom du concepteur de la
construction initiale :
  • George Browne
    (architecte)
    L’aménagement de l’étage supérieur du marché Bonsecours est confié à l’architecte George Browne dans une deuxième phase des travaux en 1848.

    George Browne fait son apprentissage auprès de son père, architecte lui aussi, probablement dans son pays d’origine. Au début des années 1830, il amorce sa carrière nord-américaine. Il quitte pour les États-Unis en 1835, puis revient au Canada en 1840. C’est surtout à Kingston (Ontario) que Browne laisse sa marque. Il réalise d’importants édifices publics lorsque cette ville devint la capitale du Canada-Uni en 1841. Il conçoit également dans cette ville l'édifice de l’hôtel de ville et du marché, sa plus grande réalisation, de nombreuses résidences privées, des bâtiments commerciaux et des monuments funéraires. En 1844, George Browne reprend ses activités à Montréal lorsque le siège du gouvernement y est transféré. On le charge entre autres de la supervision des travaux qui transforme le marché Sainte-Anne en parlement (incendié en 1849) et du parachèvement du marché Bonsecours (1848). Vers la fin des années 1850, il s’associe à son fils John James Browne avec lequel il conçoit de nombreux immeubles dans les années 1860.

    À Montréal, on dénombre de nombreux édifices conçus en totalité ou en partie par George Browne. Le Vieux-Montréal en compte près d’une dizaine, dont des édifices majeurs: la banque Molson (1864-1866, avec John James Browne), le Merchants’Exchange (1866-1867, avec John-James Browne).

  • William Footner
    (architecte)
    Les plans du marché Bonsecours font l’objet d’un concours architectural. Le projet de l’architecte William Footner est choisi. Ce dernier est responsable de la conception du bâtiment.

    Né en Angleterre en 1798, William Footner arrive au Canada vers 1838 après avoir travaillé à Londres et en Écosse. À son arrivée, il s’établit dans la région de Sherbrooke avec sa famille, où il est responsable de la construction du second Palais de Justice de Sherbrooke (1839) et de l’église Plymouth Trinity United, 380 Dufferin, Sherbrooke (1855), deux œuvres de style néo-classique. On lui doit également la conception de l’église Saint-Paul, 25 chemin des Domaines, Kingsey (1840-1843).

    Selon John Bland, architecte et professeur à l’Université McGill, William Footner peut être considéré comme le responsable de l’introduction, au Canada, du néo-classicisme d’inspiration grecque. Outre le Marché Bonsecours, sa production montréalaise inclut notamment la résidence Braemer, 3219 The Boulevard, Westmount, et le magasin-entrepôt Thomas-Tiffin, 250 Saint-Paul Est (1857-1888). Il semblerait que William Footner ait travaillé en collaboration avec John Ostell, de 1855 à 1862, à la construction de bâtiments industriels tels l’atelier de pianos-forte Thomas Hood, 412-414 du Champ-de-Mars (1857-1858) et les édifices de la New City Gas Company, 956 Ottawa (1859).

    Au moment de l’obtention du contrat pour le Marché Bonsecours, il était membre du Conseil de la Corporation de la Cité de Montréal, poste qu’il quitte en 1847. Il décède à Montréal en 1872.
Nom du propriétaire constructeur :
  • Ville de Montréal
    (propriétaire du 1844-05-01 à aujourd'hui)
    Premier immeuble de grande envergure érigé par la Corporation de la Cité de Montréal, le marché Bonsecours est conçu dès le départ comme un monument pour embellir la ville. Les autorités municipales décident de faire ériger un nouveau marché en 1843 afin de remplacer le marché Sainte-Anne où le Gouvernement du Canada-Uni avait choisi d'installer le Parlement (1844-1849). L’édifice est inauguré le 4 janvier 1847. Bien qu’on l’utilise pour diverses fonctions au fil des ans, telles que marché public, siège temporaire du Parlement du Canada-Uni et de l’Hôtel de ville, salle de bal, lieu de rencontres sociales et culturelles, édifice administratif, la Ville de Montréal demeure toujours le propriétaire des lieux.

Détail des travaux

Commentaire sur les travaux

Parmi les principaux entrepreneurs et producteurs engagés, il y a les maçons Monro et Kinlock, les charpentiers John et Michael Kelly et le fondeur William Parkyn de la St-Mary's Foundry Company. Des auteurs ont écrit que les colonnes de fonte du portique central avaient été fondues en Angleterre mais les recherches les plus poussées indiquent plutôt qu’elles provenaient toutes de Montréal. On a souvent donné 1847 comme date de fin d’une première phase de travaux, y compris dans ce site Web, mais il semble bien que les travaux complétés en 1848 sont bien ceux prévus en 1845, à quelques variantes près conçues par George Browne.

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Marché Bonsecours. Photographie de William Notman, vers 1859.
©Musée McCord d'histoire canadienne, Montréal, N-0000.193.27.2. Collaboration spéciale dans le cadre d'une entente de partenariat.
 
Le marché Bonsecours vu du bassin Bonsecours.
© Photographie de Normand Rajotte réalisée pour l'ouvrage L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine, 2004
 
Le marché, rue Saint-Paul, vers 1890.
©Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Albums de rues E.Z. Massicotte, 7-80-b.
 
Histoire  

Histoire du bâtiment

L’édifice du marché Bonsecours est construit de 1844 à 1848 et occupé à compter de 1847. Premier immeuble de grande envergure érigé par la Corporation de la Ville de Montréal, il est conçu comme un monument digne du nouveau statut de capitale du Canada-Uni accordé à Montréal en 1843. Il doit remplacer le marché Sainte-Anne où le Parlement est installé (future place D’Youville). Le projet requiert l’achat de plusieurs propriétés et la démolition de nombreux immeubles. L’architecte William Footner réalise le projet après avoir remporté un concours d’architecture tenu au printemps 1844. Les travaux d'excavation débutent en septembre 1844 et le maire Ferrier pose la pierre angulaire en août 1845. L’ouverture du marché a lieu en janvier 1847, sans cérémonie, alors qu’il reste des travaux à réaliser. Les étals occupent l’étage de soubassement donnant sur la rue de la Commune et le rez-de-chaussée de la rue Saint-Paul. En mai, les coûts approchent du triple du budget initial. On transfère alors le mandat d’architecture de William Footner à George Browne. L’extérieur du dôme semble complété avant la fin de l’année. Divers autres travaux sont complétés en 1847 et 1848, dont les portiques des extrémités et le hall central (différent du projet initial). Un poste de police est installé en 1848 dans l’extrémité sud-ouest de l’immeuble.

De 1848 à 1851, les immenses salles de l’étage supérieur sont utilisées pour divers événements alors que la structure des toits reste apparente. Selon toute vraisemblance, du moins est-ce une hypothèse que suggère l’architecture du bâtiment, l’édifice serait destiné à loger de façon permanente les chambres d’assemblée du Canada-Uni. En somme, un projet de parlement. Le marché Saint-Anne, qui sert de parlement depuis 1843 et dont le bail vient à échéance en 1852, est nettement plus petit que le marché Bonsecours. L’ampleur considérable de ce dernier pour une ville de moins de 50 000 habitants, sa grande visibilité, la dimension étonnante des grandes salles laissées sans finition jusqu’en 1851 et l’importance du dôme – élément architectural alors de plus en plus associé à une telle fonction – sont autant de traits qui concourent à cette hypothèse. Mais vu le manque de preuves documentaires, il n’y a pour l’heure que le bâtiment lui-même pour témoigner de cette possibilité. Le projet de nouveau parlement s’écroulerait forcément avec la perte du statut de capitale en 1849. L'incendie de l’ancien marché Sainte-Anne, provoqué en avril lors d'une émeute tory, amène le Parlement à tenir tout au plus quelques séances au marché Bonsecours dans une salle encore à l’état brut. Dès le 8 mai les séances ont lieu ailleurs en ville puis le Parlement quitte Montréal.

En 1851 on aménage un hôtel de ville dans la partie sud-ouest de l’édifice, ce dont il n’a pas été question avant 1850. Les travaux confiés à George Browne comprennent un balcon extérieur d’apparat. L’inauguration a lieu en janvier 1852. Une salle de concert est par ailleurs créée à l’autre extrémité du bâtiment et on termine les murs et plafonds des grands espaces résiduels. L’édifice, désormais complet, est utilisé de 1852 à 1878 comme marché, hôtel de ville, poste de police, salle de concerts et bâtiment public polyvalent accueillant banquets, conférences, expositions, etc. La fonction de marché est consolidée pendant les années 1850 alors que des celliers d’entresol sont reliés par des escaliers aux étals extérieurs de la rue Saint-Paul qui peuvent ainsi devenir permanents. Le portique de la rue Saint-Paul est par ailleurs construit en 1860, avec les colonnes de fonte laissées en attente depuis les années 1840 à la fonderie St. Mary’s du faubourg Québec; un portique similaire prévu face au fleuve ne sera jamais réalisé.

Dès les années 1850, plusieurs compagnies de miliciens utilisent les locaux de l’étage supérieur, parfois pendant de longues périodes. La salle de concert est louée à cette fin de 1878 à 1888. Après le départ de l’hôtel de ville et du poste de police en 1878, la fonction militaire prend une place accrue alors que l’immeuble a déjà perdu de son lustre comme lieu d’activités sociales et culturelles.

À compter des années 1890, l’utilisation des salles de l’étage supérieur devient sporadique. Les étals de marché occupent le plus souvent tout l’espace. Au XXe siècle, le bâtiment sert pour l’essentiel au marché qui, à l’extérieur, déborde jusqu’au Champ-de-Mars, en passant par la place Jacques-Cartier. C’est le grand marché central de Montréal, où l’on vend en gros comme au détail. Les épiciers de la ville s’y approvisionnent jusqu’au début des années 1960. Des incendies survenus en 1891, 1948 et 1954 ainsi que des problèmes de toit nécessitent des réparations et des réaménagements ponctuels. Le dôme disparaît même complètement dans l’incendie de 1948. Finalement, le marché Bonsecours est fermé en 1963 et remplacé par un nouveau marché central construit au nord de la ville.

Il est alors question de démolir le vieil édifice dégradé. Mais en 1964-1965, il fait au contraire l’objet d’une intervention publique pionnière, dans l’esprit de la création de l’arrondissement historique du Vieux-Montréal (1964). Les façades extérieures sont restaurées et le dôme reconstruit en métal avec une apparence identique à celle d’origine. L’intérieur du bâtiment est quant à lui entièrement refait en béton armé. On y aménage des bureaux pour loger la fonction publique municipale. En 1976, le dôme est de nouveau détruit lors d’un autre incendie, puis reconstruit en 1978.

L’administration municipale quitte l’immeuble en 1990 afin de lui redonner un usage vraiment public. En 1992, pour marquer les célébrations du 350e anniversaire de la fondation de Montréal, on réaménage le hall d'entrée et on crée des salles d'exposition temporaires. La fonction commerciale publique est définitivement recréée en 1996, le rez-de-chaussée accueillant boutiques d’art, de design et d’artisanat. On recrée également de grandes salles publiques polyvalentes à l’étage supérieur. De 2001 à 2004, le bâtiment fait à nouveau l’objet de travaux de restauration importants à l’extérieur et de rénovations intérieures conformes à l’esprit du lieu. Les portiques des extrémités, longtemps fermés, sont notamment rouverts. En 2001, on construit un nouveau balcon face au port, de facture contemporaine mais dont certains éléments évoquent le projet ancien de colonnade classique. Tout l’extérieur de l’immeuble et l’intérieur du dôme font l’objet d’un nouvel éclairage architectural à compter de 2000. Au début du XXIe siècle, le marché Bonsecours est ainsi redevenu un immeuble public majeur, voire un édifice-icône de Montréal.

Autres occupants marquants
Locataires :
  • Corps de la police de la Cité de Montréal
    (locataire de 1848 à 1878)
    Le marché Bonsecours est utilisé comme quartier général du Corps de la police de la Cité de Montréal de 1848 à 1878.
  • Gouvernement du Canada-Uni
    (locataire du 1849-04-26 au 1849-05-07)
    Présence temporaire après l’incendie du 25 avril 1849 au marché Sainte-Anne où le Parlement siégeait depuis 1844. Le Parlement loge au marché pendant deux semaines. À partir du 8 mai 1849, il occupera un autre immeuble, au square Dalhousie (aujourd’hui disparu), avant de quitter Montréal pour de bon.
  • Hôtel de Ville
    (locataire de 1852 à 1878)
    En 1852, le Conseil municipal siège pour la première fois dans un bâtiment appartenant à la municipalité. L’administration municipale occupe la partie ouest du deuxième étage.
  • Central d'alarmes
    (locataire de 1863 à 1878)
    La structure de base de l’actuel Service des incendies de la Ville de Montréal est établie en 1863 avec la création du département du feu dans la coupole du Marché Bonsecours. Le Central d’alarmes s’installe par la suite en 1878 dans le nouveau bâtiment de l’Hôtel de Ville, inauguré la même année.
Transformations majeures :
(dernière mise à jour le 6 juillet 2009 )
  • Travaux 1
    Date des travaux : 1851
    Aménagement de l’hôtel de ville avec un balcon d’apparat rue du Marché-Bonsecours (disparu plus tard).

    Inauguration en janvier 1852.

    Concepteur de la transformation :
    George Browne (architecte)
     
  • Travaux 2
    Date des travaux : 1860
    Modification à la volumétrie horizontale du bâtiment.

    Portique avec colonnes de fonte, rue Saint-Paul.

    William Footner n’est plus en charge du projet lors de la réalisation de ces travaux mais il a conçu ce portique dès les années 1840.

    Concepteur de la transformation :
    William Footner
     
  • Travaux 3
    Date des travaux : 1964
    Restauration ou recyclage du bâtiment.

    Rénovation générale, réaffectation en édifice municipal.

    Conversion des intérieurs en espaces de bureaux; nouvelle structure en béton armé.



    Concepteurs de la transformation :
    Gérard Masson (architecte Ville de Montréal)
    Pierre Ronco (architecte Ville de Montréal)
     
  • Travaux 4
    Date des travaux : 1965
    Restauration ou recyclage du bâtiment.

    Restauration du dôme.

    Reconstruction du dôme disparu lors d’un incendie survenu en 1948.



    Concepteurs de la transformation :
    André Daoust (architecte Ville de Montréal)
    E. Piché (architecte Ville de Montréal)
     
  • Travaux 5
    Date des travaux : 1978
    Restauration ou recyclage du bâtiment.

    Restauration du dôme.

    Seconde reconstruction du dôme après un autre incendie survenu en 1976.



    Concepteurs de la transformation :
    Marcel Raby (architecte Ville de Montréal)
    Denis Bouchard (architecte Ville de Montréal)
     
  • Travaux 6
    Date des travaux : 1996
    Restauration ou recyclage du bâtiment.

    Création de la galerie marchande (boutiques et restaurants aux niveaux des rues de la Commune et Saint-Paul, avec bureaux et salles de conférence aux étages supérieurs).

    Nouvel aménagement intérieur en vue de la réouverture au grand public avec des boutiques et de grands espaces multifonctionnels.



    Concepteur de la transformation :
    Mario Roy (architecte)
     
  • Travaux 7
    Date des travaux : 2001
    Transformation majeure de la façade.

    Nouvel escalier pour l’entrée principale de la façade sud.

    Nouveau balcon face au vieux port.



    Concepteur de la transformation :
    Atelier Big City architectes
     
  • Travaux 8
    Date des travaux : 2001
    Fin des travaux : 2004
    Restauration ou recyclage du bâtiment.

    Réfection de la maçonnerie, des fenêtres et de la toiture, renforcement de la structure de toit et réfection des corniches.

    Travaux extérieurs et intérieurs divers, dont la réouverture des entrées des extrémités.



    Concepteur de la transformation :
    Duchesne et Fish (architectes)
     
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Portique de la rue du Marché-Bonsecours.
©Denis Tremblay, 2008
 
Un portail de la rue Saint-Paul.
©Denis Tremblay, 2008
 
Une salle de l’étage supérieur.
©Denis Tremblay, 2005
 
Lecture architecturale  
Le marché occupe un site de choix en bordure du fleuve, visible à l’origine par tous les voyageurs arrivant à Montréal par bateau. Situé proche des traversiers reliant la ville à la rive sud rurale, il connecte ville et campagne. Ce très long édifice (163 mètres) occupe tout le quadrilatère situé entre les rues de la Commune, Saint-Paul, de Bonsecours et du Marché-Bonsecours. Il comprend cinq corps de bâtiment séparés par des murs de refend. Le corps central (corps de portique), surmonté d’un dôme posé sur un tambour, est plus haut que large. Il est flanqué de longs corps de bâtiment divisés par des avant-corps et recouverts de toits à deux versants. Aux extrémités, on retrouve des ailes perpendiculaires ayant un étage supplémentaire et un avant-corps latéral qui apparaît comme l’extrémité des longs corps de bâtiment. La complexité de l’immeuble tient également à la dénivellation entre les rues Saint-Paul et de la Commune, ce qui amène la présence d’un étage de soubassement très haut donnant sur la rue de la Commune. Enfin, ce bâtiment en pierre calcaire grise de Montréal possède aussi des colonnes en fonte, des frontons en bois et un dôme en métal qui remplace l’ancienne structure en bois détruite par le feu.

L’axe vertical du monumental corps de bâtiment central divise une composition parfaitement symétrique. Les ailes perpendiculaires des extrémités, moins élevées que le corps central mais plus hautes que les volumes adjacents, contribuent à l’équilibre de l’ensemble et à sa monumentalité. La présence dans la composition de ces éléments verticaux ainsi que des avant-corps intermédiaires atténue l’horizontalité de l’édifice. Cette symétrie et cette recherche d’équilibre sont d’esprit classique. Le vocabulaire architectural de tout l’immeuble l’est également, bien qu’il évoque deux époques de référence. En premier lieu, la plupart des éléments rappellent la Grèce ancienne. Les Propylées de l’Acropole d’Athènes ont même clairement servi de modèle, notamment pour le portique dorique à six colonnes de la rue Saint-Paul. L’inspiration grecque reste présente dans les longs pans latéraux malgré la nette épuration des chambranles et des bandeaux. En second lieu, la Renaissance italienne est distinctement évoquée par le dôme central et par huit portails cintrés – l’arc, comme le dôme, étant d’origine romaine plutôt que grecque. Dans six cas sur huit, ces portails sont munis de clés surdimensionnées et entourées d’un appareil de pierre à bossages à anglet qui rappellent le XVIe siècle italien. Le classicisme de l’édifice entier le situe dans la phase finissante du grand mouvement néoclassique occidental. Plus particulièrement, le rappel de la Grèce antique, qui a connu son heure de gloire en Angleterre un peu auparavant, reste alors populaire en Écosse et aux États-Unis. Enfin, le recours aux modèles de la Renaissance de même que l’historicisme et l’éclectisme, inhérents à l’amalgame de deux époques de référence, font écho aux nouveaux courants européens de l’époque.

Tout ici révèle un bâtiment public d’importance. Le marché est d’ailleurs annoncé par les grandes inscriptions « Marché Bonsecours/ Bonsecours Market », par les espaces extérieurs réservés aux étals et par les multiples entrées. Les longues séries de fenêtres des étages peuvent éclairer divers types d’activités, ce qui est bien le cas. Les armoiries de la Ville qui ornent les frontons suggèrent vraisemblablement la présence de l’hôtel de ville entre 1852 et 1878.

Intérieur accessible au public

À l’intérieur du bâtiment, on voit aujourd’hui du béton apparent, divers autres matériaux contemporains et, pour seules composantes anciennes, des murs de moellons autrefois cachés sous des plâtres et des lambris. Toutefois, il est possible de percevoir la plupart des volumes d’origine. Dans le hall central, le lien entre ville et fleuve établi par les portes des « propylées » reste bien perceptible. Dans les corridors du rez-de-chaussée (rue Saint-Paul) des corps de bâtiment latéraux, où des boutiques occupent les espaces des anciens étals, les colonnes en aluminium qui supportent des éléments techniques rappellent les colonnes de fonte qui soutenaient autrefois les planchers de bois. Les espaces voûtés de l’étage supérieur étonnent encore les visiteurs par leur ampleur – le Conseil municipal n’occupait autrefois que le tiers d’une grande salle actuelle. Enfin, à l’étage de soubassement et dans l’entresol, on peut encore reconnaître une partie des anciennes salles de marché et des celliers.
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Élévation, rue Saint-Paul.
©Ville de Montréal, vers 1995.
 
Élévation, rue de la Commune.
©Ville de Montréal, vers 1995.
 
Élévations des extrémités de l'édifice.
©Ville de Montréal, vers 1995.
 
Intérêt et protection patrimoniale du bâtiment  
Le bâtiment est protégé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en vigueur depuis le 19 octobre 2012, par le statut suivant :
  • Situé dans le site patrimonial de Montréal (Vieux-Montréal) (déclaré) (2012-10-19).
    Anciennement un arrondissement historique (1964-01-08) (juridiction provinciale)
Le bâtiment est identifié aux documents d'évaluation du patrimoine urbain dans la catégorie suivantes :
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Bibliographie sur l'immeuble  

Pour plus d'information sur l'histoire ou l'architecture du bâtiment,
veuillez consulter les sources suivantes :

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Numéros de référence  
Bâtiment :

0040-77-4486-00

Propriété :

0040-77-4486

Immeuble situé dans le Vieux-Montréal :

Des informations et des liens additionnels peuvent être disponibles sur la fiche de cet édifice dans le site du Vieux-Montréal.

 
Avertissement :

Ce site Web a été produit pour des fins d'information et n'a pas de valeur légale. Pour obtenir de l'information officielle sur un statut de protection légale ou réglementaire, communiquez directement avec l'arrondissement ou la ville concernés et la Direction de Montréal du ministère de la Culture et des Communications du Québec.

 
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Données mises à jour le 21 mai 2010