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  FICHE DU BÂTIMENT 
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L’édifice vu de la rue Saint-Pierre.
©Denis Tremblay, 2006
 
Merchant's Bank of Canada, photographie de N. M. Hinshelwood, vers 1900.
©Musée McCord d'histoire canadienne, Montréal, MP-1985.31.62. Collaboration spéciale dans le cadre d'une entente de partenariat.
 
Merchants' Bank, photographie anonyme, vers 1875.
©Musée McCord d'histoire canadienne, Montréal, MP-1976.6.43 Collaboration spéciale dans le cadre d'une entente de partenariat.
Les termes précédés d'un sont définis au glossaire.
Nom du bâtiment :

Édifice de la Merchants' Bank

Autres appellations :
  • Hôtel Le St-James
  • Édifice de la Merchants' Bank of Canada
Adresses civiques :
  • 355, rue Saint-Jacques
  • rue Saint-Pierre
    (façade latéralesans numéro civique)
Arrondissement ou ville :

Ville-Marie (Montréal)

Secteur d'intérêt patrimonial :

Vieux-Montréal

Localisation :
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Construction  
Date de construction initiale :

1870-1873

Nom du concepteur de la
construction initiale :
  • Hopkins and Wily
    (firme d'architectes)
Nom du propriétaire constructeur :
  • Merchants Bank of Canada (banque)
    (propriétaire de 1868 à 1922)

Commentaire sur les travaux

Les anciens édifices sont détruits en 1869, et le lot est vide en mai 1870. Les rôles d'évaluation indiquent une banque en construction en mai 1871 et en mai 1872. La mention « unfinished bank » apparaît en mai 1873. Selon certaines sources primaires, l'édifice est occupé par la Merchant's Bank en mai 1872, et selon d'autres sources, en mai 1874.

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Partie de la façade correspondant à la construction initiale, la toiture d’origine en moins.
© Photographie de Normand Rajotte réalisée pour l'ouvrage L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine, 2004
 
Porche avec piliers et colonnes en granit rose poli.
Photographie Gilles Lauzon, 2009
 
Façade secondaire, rue Saint-Pierre.
Photographie Gilles Lauzon, 2009
 
Histoire  

Histoire du bâtiment

La Merchants’ Bank, créée par la famille Allan et présidée par Hugh Allan, fait construire cet édifice de 1870 à 1873. Conçu par l’agence d’architectes Hopkins et Wily, il compte alors trois étages (incluant le rez-de-chaussée) et un étage de comble. La banque remplace ainsi un immeuble qu’elle possède depuis l’intégration en 1868 de la Commercial Bank qui y occupait depuis 1844 un bâtiment plus petit.

Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la Merchants’ Bank occupe seule tout l’édifice, y logeant son siège social et sa succursale principale. En 1899-1901, sous la direction de l’architecte Edward Maxwell, la banque rénove ses locaux, enlève l’étage de comble et ajoute quatre étages complets au bâtiment initial. Elle loue désormais des bureaux à des entreprises variées, près de quarante en 1905, notamment divers services professionnels.

En 1922, la Banque de Montréal absorbe la Merchants’ Bank, prend possession de l’immeuble et lui donne son propre nom. Elle y reste jusqu’en 1925, puis vend l’édifice en 1929 aux courtiers en valeurs mobilières Nesbitt-Thomson. L’entreprise fait aussitôt ajouter un étage en brique à l’édifice qu’elle occupe en large partie tout en continuant à louer des bureaux à différentes entreprises. Parmi ces dernières, plusieurs sont dans le domaine de l’hydroélectricité, dont Power Corporation fondée par Nesbitt et Thomson en 1925. La compagnie Nesbitt-Thomson augmente graduellement sa présence jusqu’à utiliser tout l’immeuble en 1990 après des rénovations majeures. L’immeuble fait alors partie de l’îlot du Centre de commerce mondial créé au début des années 1990, mais sans être intégré au complexe lui-même. En 1995, l’entreprise (devenue Nesbitt Burns), déménage son siège social et vend l’immeuble qui reste inoccupé pendant quelques années.

De 2000 à 2002, l’édifice est entièrement rénové et transformé en hôtel de luxe. L’étage de 1929 est modifié et on ajoute un nouvel étage (muni d'un brisis) et un penthouse en retrait. À l’intérieur, diverses composantes anciennes sont alors mises en valeur dans un nouvel aménagement contemporain inspiré de l’immeuble existant. Le St. James, ouvert au printemps 2002, occupait toujours les lieux en 2008.

Autres occupants marquants
Propriétaires :
  • Nesbitt Thompson (courtiers en valeurs mobilières)
    (propriétaire du 1929-05-03 au 1995-12-01)
Autres occupants marquants
Locataires :
  • Power Corporation of Canada (Compagnie d'électricité)
    (locataire de 1929 à 1963)
Transformations majeures :
(dernière mise à jour le 1 mars 2010 )
  • Travaux 1
    Date des travaux : 1899
    Fin des travaux : 1901
    Modification à la volumétrie verticale du bâtiment.

    Élimination de l’étage de comble (toit brisé) et construction de quatre étages recouverts de pierre.


    Edward Maxwell est l’architecte reconnu du projet, mais à compter du mois d’août 1899 il a pour associé G.C. Shattuck, de sorte que Le Prix courant attribue le projet à l’agence Maxwell et Shattuck; à cette époque, William Maxwell est lui aussi présent dans l’agence de son frère.
    Les sources donnent 1899 comme date de construction mais deux articles du Canadian Architect and Builder font état de travaux encore en cours en 1900 et 1901; il y a six locataires en place en 1900, 18 en 1901 puis 39 en 1902.

    Concepteur de la transformation :
    Edward Maxwell (architecte)
     
  • Travaux 2
    Date des travaux : 1929
    Modification à la volumétrie verticale du bâtiment.

    Ajout d'un étage en brique.



    Concepteurs de la transformation :
    H. B. Little (architecte)
    Harold Lawson (architecte)
     
  • Travaux 3
    Date des travaux : 2000
    Fin des travaux : 2002
    Modification à la volumétrie verticale du bâtiment.

    Restauration ou recyclage du bâtiment.

    Transformation du bâtiment en hôtel.
    Modification extérieure de l’étage de 1929; ajout d’un étage (muni d'un brisis) et d'un penthouse en retrait sur le toit plat (ou terrasson du faux toit brisé).

    Plusieurs agences professionnelles ont contribué aux travaux; Jacques Bouchard, designer, est le principal concepteur de l’aménagement intérieur.
     
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Ancienne salle des guichets, restaurée pour les besoins de l’hôtel.
© Photographie de Normand Rajotte réalisée pour l'ouvrage L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine, 2004
 
 
Lecture architecturale  
L’édifice de la Merchants’ Bank est situé à une importante intersection dans la partie ouest de la rue Saint-Jacques, au coeur de l’ancien centre d’affaires. Il compte neuf étages incluant le rez-de-chaussée (onze avec l’étage de soubassement et le penthouse à peine visible de la rue). La corniche sépare nettement les derniers étages des huit plus anciens, entièrement recouverts de grès chamois de l’Ohio.

L’effet de verticalité de ce petit gratte-ciel plus haut que large est atténué par de nettes divisions horizontales créées par les corniches. Le traitement différencié à chaque étage contribue également à cette atténuation. La parfaite symétrie de la façade principale, sa division en trois parties verticales – l’avant-corps central se prolongeant jusqu’au sommet – et les trois niveaux distincts de la partie inférieure révèlent le caractère classique de cette composition. Les colonnes, piliers et pilastres des trois premiers niveaux – doriques, ioniques puis corinthiens, dans l’ordre de superposition normal – rappellent d’ailleurs clairement l’origine antique du langage employé. Le vocabulaire architectural rappelle tout aussi explicitement la Renaissance italienne, en particulier celle du Nord (Venise) comme l’indique entre autres la serlienne au centre du quatrième niveau. On peut reconnaître également des composantes à la française, en particulier au troisième niveau, anciennement surmonté d’un toit brisé percé de lucarnes, ainsi qu’au septième où se trouvent des oeils-de-boeuf entourés de guirlandes. La composition d’origine correspondait, à l’instar de celle de la Banque Molson construite auparavant presque en face, à une architecture Second Empire à l’anglaise – une mode venue de Londres – combinant les sources italiennes et françaises. L’adjonction de 1899-1901 avec ses quatre étages différenciés reflète les mêmes influences traitées à travers un académisme savant dans l’esprit des beaux-arts français.

Vers 1870, les institutions financières apprécient l’apparence de club privé d’un tel édifice dont l’entrée retranchée au fond d’un porche en impose. Au-delà de ce message aux clients potentiels, l’immeuble beaucoup plus profond que large (le lot est entièrement utilisé dès la construction) répond dès l’origine aux besoins du siège social d’une banque importante. La présence combinée d’une institution financière et d’un immeuble de bureaux – avec une entrée commune – date de l’adjonction de 1899-1901. De cette époque proviennent aussi le traitement modifié de la façade latérale (photographie) et la verrière à l’arrière qui suggèrent un aménagement particulier à l’intérieur. Le décor élaboré des deux époques de construction évoque la présence d’un important siège social bien qu’aucun élément symbolique ne le souligne.

Intérieur accessible au public

Le plan du rez-de-chaussée de l’hôtel conserve probablement les principales caractéristiques de l’aménagement de 1899-1901. Le vestibule s’ouvre sur un large hall-corridor qui dessert les étages par un ascenseur et mène vers l’ancienne grande salle de guichets de la banque. Ce parcours tout à la fois fonctionnel et monumental rappelle l’esprit de l’enseignement de l’École des beaux-arts de Paris vers 1900, mais il est aussi possible que le plan de 1870-1873 ait déjà présenté des caractéristiques similaires.

Il est difficile de distinguer dans l’hôtel ce qui est restauré ou ajouté et, surtout, ce qui aurait pu être conservé en 1899 du décor de 1873. Pour l’essentiel, les éléments anciens du décor architectural datent probablement des travaux de 1899-1901. Dans le hall d’entrée, le plafond voûté en plâtre mouluré était caché au-dessus d’un faux-plafond moderne et il a pu être restauré. En revanche, les portes d’ascenseurs, anciennes, viennent d’un autre immeuble et les marbres et boiseries sont récents. Par ailleurs, dans la pièce à droite de l’entrée la plupart des marbres, boiseries et plâtres sont restaurés. Dans l’ancienne grande salle des guichets, la verrière, les colonnes ioniques, les pilastres et les garde-corps de métal, finement ornés, sont anciens, avec des éléments ajoutés suivant les modèles de 1899-1901. En général, les éléments restaurés, comme les chutes de bouquets suspendus à des anneaux tenus par des têtes de lions, révèlent comme à l’extérieur un académisme beaux-arts typique du tournant du XXe siècle. Aucun élément symbolique ne rappelle toutefois l’ancienne banque de façon spécifique.

D’autres pièces aux étages, dont les anciens bureaux de direction d’entreprises, ont également été restaurées. L’ensemble de l’aménagement de l’hôtel lui a valu en 2003 un prix attribué dans le cadre de l’Opération patrimoine architectural de Montréal.
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Intérêt et protection patrimoniale du bâtiment  
Le bâtiment est protégé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en vigueur depuis le 19 octobre 2012, par le statut suivant :
  • Situé dans le site patrimonial de Montréal (Vieux-Montréal) (déclaré) (2012-10-19).
    Anciennement un arrondissement historique (1995-04-26) (juridiction provinciale)
Le bâtiment est identifié aux documents d'évaluation du patrimoine urbain dans la catégorie suivantes :
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Bibliographie sur l'immeuble  

Pour plus d'information sur l'histoire ou l'architecture du bâtiment,
veuillez consulter les sources suivantes :

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Numéros de référence  
Bâtiment :

0040-10-0289-00

Propriété :

0040-10-0289

Immeuble situé dans le Vieux-Montréal :

Des informations et des liens additionnels peuvent être disponibles sur la fiche de cet édifice dans le site du Vieux-Montréal.

 
Avertissement :

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Données mises à jour le 3 mars 2010