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  FICHE DU BÂTIMENT 
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L’ancienne caserne no 19 qui loge actuellement le Théâtre Espace Libre
© C. Boucher, 2008
 
Façade latérale sud de l’édifice avec ajout contemporain
© C. Boucher, 2008
 
Fronton de la façade principale de l’ancienne caserne no 19
© J. Jabourian, 2008
Les termes précédés d'un sont définis au glossaire.
Numéro d'ouvrage :

363

Nom du bâtiment :

Caserne #19

Autre appellation :
  • Théâtre Espace Libre
Adresse civique :
  • 1945, rue Fullum
Arrondissement ou ville :

Ville-Marie (Montréal)

Localisation :
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Propriété municipale d'intérêt patrimonial  
Catégorie : Bâtiments
Statut de propriété : Emphythéotique
Profil : Culturel
Usage principal actuel : À déterminer
Intérêt patrimonial : Bâtiment municipal d'intérêt patrimonial
Type de bâtiment : Caserne de pompiers
Remis : vendu
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Construction  
Date de construction initiale :

1903-1904

Nom du concepteur de la
construction initiale :
  • Louis-Roch Montbriand
    (architecte -- concepteur)
    Louis-Roch Montbriand (1860-1923) reçoit sa formation auprès de l’architecte Adolphe Lévesque, puis fonde sa propre agence en 1885. Sa production comprend des édifices publics, dont la caserne no 16 (1041, rue Rachel Est, 1891), l’ancienne caserne no 20 (181, rue Saint-Antoine Ouest, maintenant incorporée au Palais des Congrès, 1908) et la caserne no 27 (5252, avenue Gatineau, 1908). Il conçoit également des édifices scolaires dont l’ancienne Académie Christophe-Colomb (6891, avenue Christophe-Colomb, 1910), des immeubles locatifs ainsi que de nombreuses résidences, notamment la maison Arsène-Brosseau, (525, rue Sherbrooke Est, 1897) et la maison L’Archevêque (1647, rue de la Visitation, 1891). Il conçoit plusieurs édifices commerciaux et collabore à la conception de l’église Notre-Dame-de-la-Défense avec Guido Nincheri dans la Petite Italie (6800, avenue Henri-Julien, 1919).
Nom du propriétaire constructeur :
  • Ville de Montréal
    (propriétaire de 1903 à aujourd'hui)
    En 1903, la Ville de Montréal demande des soumissions pour l’achat d’un terrain situé à l’angle nord-est des rues Fullum et Langlois (aujourd’hui Coupal), dans le quartier Sainte-Marie, pour la construction de la caserne no 19. L’édifice est construit entre 1903 et 1904 d’après les plans de l’architecte Louis-Roch Montbriand. Les contrats pour la construction sont octroyés à M. Lambert, entrepreneur général, Martineau et Prénoveau pour l’excavation et la maçonnerie, et E. Lespérance pour la plomberie et la toiture. L’inauguration a lieu le 15 juillet 1904. Le bâtiment est utilisé comme caserne de pompiers jusqu’à sa fermeture en 1980. En 2001, le bâtiment est loué par la Ville de Montréal au Théâtre Espace Libre par le biais d’un bail emphytéotique.
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Évolution du bâtiment  

Histoire de la thématique du groupe ciblé

Thématique : L’évolution des mesures de protection contre les incendies à Montréal
Aux XVIIe, XVIIIe et jusqu’au milieu du XIX siècles, la lutte contre les incendies à Montréal est assumée par les militaires et les volontaires. La première caserne de pompiers est située à l’intérieur de l’ancienne église Notre-Dame construite en 1672. Dès la première alerte, les volontaires doivent s’orienter vers l'église, qui devient alors le point de ralliement des sapeurs, afin de se procurer les seaux, pioches, pelles, haches et sacs de sable qui y sont entreposés. Toutefois, le premier pas dans la lutte organisée contre les incendies est mis sur pied par l'intendant Hocquart en 1734. De l'équipement rudimentaire disposé dans quatre endroits stratégiques de la ville est mis à la disposition des ouvriers en bâtiment afin qu'ils puissent intervenir sur les lieux d'incendies avec un minimum d'outillage.

En 1829, Montréal dispose déjà de trois sociétés de lutte contre les incendies. Cependant, une rivalité s'élève entre eux donnant ainsi lieu aux conflits qui les empêchent de combattre le feu efficacement. Le 14 mars 1829, la promulgation de l'acte pour « établir une Société pour prévenir les Accidents du Feu » met un terme à ces conflits. Cette Société est chargée de rédiger de nouveaux règlements et de constituer une escouade plus efficace pour la lutte contre les incendies.

Au XIXe siècle, de nombreux incendies surviennent à Montréal, dont le plus marquant est le grand incendie de 1852. Durant ce sinistre, 1112 maisons sont détruites, laissant près de 15 000 personnes sans abris. Suite à ces désastres répétés, le conseil municipal constitue en 1863 un organisme permanent : « le Département du feu », premier service des incendies regroupant des sapeurs-pompiers professionnels. C’est aussi en 1863 qu’est construite la première véritable caserne de pompier, soit la Station Centrale située au 609-611, rue Craig (l'actuelle rue Saint-Antoine). La Cité de Montréal a recourt aux services de l’architecte Henri-Maurice Perrault pour la conception de cette dernière qui porte le numéro 1 du système de numérotation des casernes.

En 1870, le Département de feu possède neuf édifices de service en fonction sur son territoire. Mise à part la « Station centrale », ces bâtiments de petite dimension, érigés par un charpentier et connus sous l’appellation de « Maison des Pompes », étaient strictement utilitaires pour loger l’équipement et le gardien. C’est également à la fin du XIXe siècle que le Département du feu se modernise avec l’achat des premières pompes à vapeur, le remplacement des maisons des pompes par des bâtiments plus imposants et l’utilisation progressive des voitures à traction hippomobile.

Durant la période de 1870 à 1900, pour répondre aux besoins d’un centre urbain en pleine expansion, vingt-deux casernes sont construites, dont sept subsistent toujours en 2008. Dès lors, la volonté des autorités municipales consiste à construire des nouvelles casernes de pompiers prestigieuses intégrées dans la trame urbaine. En somme, la caserne de pompiers devient un point de repère dans les quartiers municipaux, tout comme les églises et les écoles.

De 1900 à 1920, la croissance démographique et le développement économique à Montréal sont en plein essor. Les quartiers se densifient par une augmentation de la construction immobilière. Durant cette période, vingt-deux casernes de pompiers sont construites par la Cité de Montréal et dix sont acquises par voie d’annexion. En 1918, on compte quarante-cinq casernes de pompiers en fonction sur le territoire de la Cité de Montréal. Par ailleurs, c’est au cours des années 1910-1920 que le véhicule motorisé entre progressivement en fonction, en remplacement des voitures tirées par des chevaux. Durant la période de 1920 à 1950, douze autres casernes de pompiers viennent s’ajouter au parc immobilier du service des incendies. Depuis ce temps, les véhicules, l'outillage et les casernes s’améliorent sans cesse et les pompiers sont formés aux plus récentes techniques de combat d'incendie.

Lors de la fusion des vingt-huit municipalités de l’île de Montréal, survenue le 1er janvier 2002, tous les services d'incendies de l'île de Montréal sont fusionnés pour former le Service de sécurité incendie de Montréal. En 2008, on dénombre sur l’île de Montréal un total de soixante-cinq casernes de pompiers en opération, dont cinquante sont situées sur le territoire de l’ancienne ville de Montréal, et quinze sont localisées dans les nouveaux arrondissements de Montréal et dans les villes de banlieues.

Des trente-et-une casernes ou ex-casernes de pompiers identifiées comme bâtiments municipaux d’intérêt patrimonial, une vingtaine conserve toujours leur fonction d’origine.

La caserne no 19 est construite entre 1903 et 1904 d’après les plans de l’architecte Louis-Roch Montbriand. L’inauguration a lieu le 15 juillet 1904. Le bâtiment est utilisé comme caserne de pompiers jusqu’à sa fermeture en 1980. En 2001, le bâtiment est loué par la Ville de Montréal au Théâtre Espace Libre par le biais d’un bail emphytéotique.

Points d'intérêt

La caserne no 19, inaugurée en 1904, fait partie de la vingtaine de casernes de pompiers construites à Montréal entre 1900 et 1918. La valeur historique de la caserne no 19 repose sur le fait qu’elle témoigne, avec l’ensemble des casernes érigées depuis le dernier tiers du XIXe siècle, des efforts déployés par la Cité de Montréal pour lutter contre les incendies et constitue aussi un témoin de l’évolution de l’ancien quartier Sainte-Marie.

Ce bâtiment public a conservé sa fonction d’origine de caserne de pompiers jusqu’au moment de sa fermeture en 1980. Des travaux d’agrandissement et de recyclage sont ensuite effectués en 1981, 1987 et en 2001. L’édifice loge depuis 1981 le Théâtre Espace Libre qui, par son rayonnement, contribue à la valeur d’usage du lieu.

La valeur artistique de l’ancienne caserne no 19 réside notamment sur l’importance de son concepteur, l’architecte Louis-Roch Montbriand (1860-1923). Ce dernier est l’un des architectes importants de la région de Montréal au cours de la première moitié du XXe siècle à qui l’on doit également la conception de la caserne no 16 (1041, rue Rachel Est, 1891), l’ancienne caserne no 20 (181, rue Saint-Antoine Ouest, maintenant incorporée au Palais des Congrès, 1908) et la caserne no 27 (5252, avenue Gatineau, 1908).

Quoique modeste, l’édifice possède une valeur artistique qui témoigne d’une parenté dans certains de ses éléments avec le style Beaux-Arts prédominant à l’époque de sa construction : des registres superposés de pilastres toscans sur la façade principale, le couronnement de la baie centrale par un fronton sculpté à la manière d’un petit temple, et le rez-de-chaussée de pierre de taille grise percé de trois arches en anse de panier.

La façade principale a conservé plusieurs de ses caractéristiques architecturales d’origine, dont l’ordonnance et la symétrie de ses ouvertures, ses matériaux d’origine, dont la pierre de taille grise et la brique blanche de Don Valley, ses colonnades et ses éléments décoratifs notamment le couronnement au sommet de la façade qui présente un écusson permettant d’identifier le lieu et son caractère. Vu la perte de sa fonction d’origine, les modifications qu’il a subies lors des travaux de recyclage et l’ajout moderne en hauteur et à l’arrière, l’édifice possède aujourd’hui un degré d’authenticité limité.

Sise à l’angle nord-est des rues Fullum et Coupal, dans l’arrondissement de Ville-Marie, l’ancienne caserne no 19 se démarque des constructions environnantes, majoritairement résidentielles, par son gabarit, sa hauteur, sa tour à boyaux, l’ornementation de sa façade principale, son caractère distinctif de caserne de pompiers et l’ajout contemporain qui vient préciser sa fonction théâtrale actuelle.

La valeur symbolique de l’ancienne caserne no 19 est attribuable à sa localisation, à sa grande visibilité, à son architecture particulière de caserne de pompiers et à l’ajout contemporain assez dominant.. Elle est considérée comme un point de repère important à l’échelle du voisinage. De plus, l’édifice, qui abrite depuis 1981 le Théâtre Espace Libre, est familier à l’échelle de la ville et constitue, pour la collectivité, un symbole témoignant de l’histoire de l’ancien quartier Sainte-Marie.

Autres occupants marquants
Locataires :
  • Théâtre Espace Libre
    (locataire de 1981 à aujourd'hui)
    Dès 1981, le Théâtre Espace Libre occupe l’ancienne caserne de pompiers no 19 laissée vacante à la suite de la relocalisation de la caserne. Espace Libre est né de l’association de trois troupes de théâtre : le Nouveau Théâtre Expérimental, Omnibus et Carbone 14. Communément désignées comme troupes de recherche, c’est-à-dire travaillant chacune dans sa voie au renouvellement de l’art théâtral et à la création d’oeuvres inédites, ces troupes se sont mutuellement choisies par effet de cousinage artistique. En 1994, Carbone 14, en raison de ses aspirations, quitte Espace Libre pour fonder et animer l’Usine C.
Transformations majeures :
(dernière mise à jour le 20 avril 2009 )
  • Travaux 1
    Date des travaux : 1981
    Fin des travaux : 1981
    Restauration ou recyclage du bâtiment.

    Première phase des travaux menant à l’adaptation de la caserne aux activités scéniques et à la présentation de pièces de théâtre devant public.

    Concepteur de la transformation :
    concepteur inconnu
     
  • Travaux 2
    Date des travaux : 1987
    Fin des travaux : 1987
    Restauration ou recyclage du bâtiment.

    Deuxième phase des travaux menant à l’adaptation de la caserne aux activités scéniques et à la présentation de pièces de théâtre devant public.

    Concepteur de la transformation :
    concepteur inconnu
     
  • Travaux 3
    Date des travaux : 2001
    Fin des travaux : 2002
    Modification à la volumétrie verticale du bâtiment.

    Agrandissement du bâtiment au rez-de-chaussée et au 2e étage. Du côté de la rue Coupal, ajout d’un sous-sol et d’un 3e étage pour aménager le Théâtre Espace Libre.

    Concepteur de la transformation :
    Lapointe Magne et Associés architectes
     
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Bibliographie sur l'immeuble  

Pour plus d'information sur l'histoire ou l'architecture du bâtiment,
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Données mises à jour le 1 novembre 2012