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  FICHE DU BÂTIMENT 
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L’ancienne caserne no 14 qui abrite aujourd’hui le Centre des arts contemporains du Québec à Montréal.
©C. Boucher, 2008
 
Détails de la façade principale sur la rue Saint-Dominique
©J. Jabourian, 2008
 
Détails de la façade principale sur la rue Saint-Dominique
©J. Jabourian, 2008
Les termes précédés d'un sont définis au glossaire.
Numéro d'ouvrage :

301

Nom du bâtiment :

Caserne #14

Autre appellation :
  • Centre des arts contemporains du Québec à Montréal
Adresses civiques :
  • 4247, rue Saint-Dominique
  • 4242, avenue Coloniale
    (façade secondaire)
Arrondissement ou ville :

Le Plateau-Mont-Royal (Montréal)

Localisation :
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Propriété municipale d'intérêt patrimonial  
Catégorie : Bâtiments
Statut de propriété : Emphythéotique
Profil : Divers
Usage principal actuel : À déterminer
Intérêt patrimonial : Bâtiment municipal d'intérêt patrimonial
Type de bâtiment : Caserne de pompiers
Remis : vendu
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Construction  
Date de construction initiale :

1912

Nom du concepteur de la
construction initiale :
  • Louis-Roch Montbriand
    (architecte -- Concepteur)
    Louis-Roch Montbriand (1860-1923), architecte
    Louis-Roch Montbriand (1860-1923) reçoit sa formation auprès de l’architecte Adolphe Lévesque, puis fonde sa propre agence en 1885. Sa production architecturale comprend des édifices publics, des édifices scolaires, des immeubles locatifs ainsi que de nombreuses résidences, notamment la maison Arsène-Brosseau, 525 Sherbrooke Est (1897) et la maison L’Archevêque, 1647 rue de la Visitation (1891). Outre la caserne no 14, Montbriand conçoit plusieurs postes d’incendie, dont la caserne no 27, 5353 avenue Gatineau (1908), la caserne no 16, 1041 rue Rachel Est (1891), l’ancienne caserne no 19 (aujourd’hui le théâtre de l'Espace Libre), 1945 rue Fullum (1904), et l’ancienne caserne no 20 (aujourd’hui incorporée au Palais des Congrès de Montréal), 181 rue Saint-Antoine Ouest (1908). Il conçoit également plusieurs édifices commerciaux et collabore à la conception de l’église Notre-Dame-de-la-Défense avec Guido Nincheri dans la Petite Italie, 6800 avenue Henri-Julien (1919).
Nom du propriétaire constructeur :
  • Ville de Montréal
    (propriétaire à aujourd'hui)
    Suite à la vague d’annexion et à l’expansion de Montréal entre 1910 et 1918, la Cité de Montréal développe ses services pour répondre adéquatement à ses nouvelles limites territoriales. Le besoin de construire cinq nouveaux postes d’incendie, dont un dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, se concrétise dès 1911. De ce fait, la Cité de Montréal fait construire la caserne no 14 à l’emplacement de l’ancienne caserne du quartier portant le même numéro, construite en 1874. Le contrat pour la construction de la nouvelle caserne no 14 est accordé le 8 janvier 1912. La Cité de Montréal confie la préparation des plans à l’architecte Louis-Roch Montbriand, et la réalisation des travaux à l’entrepreneur A. Bélair. L’édifice est inauguré le 19 mai 1913. Elle ferme définitivement ses portes en 1980. Dès lors, on procède à des travaux de rénovation dans le but d’y aménager le Centre des arts contemporains du Québec à Montréal. Ce dernier acquiert le bâtiment en 1983 par le biais d’un bail emphytéotique.
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Évolution du bâtiment  

Histoire de la thématique du groupe ciblé

Thématique : L’évolution des mesures de protection contre les incendies à Montréal
Aux XVIIe, XVIIIe et jusqu’au milieu du XIX siècles, la lutte contre les incendies à Montréal est assumée par les militaires et les volontaires. La première caserne de pompiers est située à l’intérieur de l’ancienne église Notre-Dame construite en 1672. Dès la première alerte, les volontaires doivent s’orienter vers l'église, qui devient alors le point de ralliement des sapeurs, afin de se procurer les seaux, pioches, pelles, haches et sacs de sable qui y sont entreposés. Toutefois, le premier pas dans la lutte organisée contre les incendies est mis sur pied par l'intendant Hocquart en 1734. De l'équipement rudimentaire disposé dans quatre endroits stratégiques de la ville est mis à la disposition des ouvriers en bâtiment afin qu'ils puissent intervenir sur les lieux d'incendies avec un minimum d'outillage.

En 1829, Montréal dispose déjà de trois sociétés de lutte contre les incendies. Cependant, une rivalité s'élève entre eux donnant ainsi lieu aux conflits qui les empêchent de combattre le feu efficacement. Le 14 mars 1829, la promulgation de l'acte pour « établir une Société pour prévenir les Accidents du Feu » met un terme à ces conflits. Cette Société est chargée de rédiger de nouveaux règlements et de constituer une escouade plus efficace pour la lutte contre les incendies.

Au XIXe siècle, de nombreux incendies surviennent à Montréal, dont le plus marquant est le grand incendie de 1852. Durant ce sinistre, 1112 maisons sont détruites, laissant près de 15 000 personnes sans abris. Suite à ces désastres répétés, le conseil municipal constitue en 1863 un organisme permanent : « le Département du feu », premier service des incendies regroupant des sapeurs-pompiers professionnels. C’est aussi en 1863 qu’est construite la première véritable caserne de pompier, soit la Station Centrale située au 609-611, rue Craig (l'actuelle rue Saint-Antoine). La Cité de Montréal a recourt aux services de l’architecte Henri-Maurice Perrault pour la conception de cette dernière qui porte le numéro 1 du système de numérotation des casernes.

En 1870, le Département de feu possède neuf édifices de service en fonction sur son territoire. Mise à part la « Station centrale », ces bâtiments de petite dimension, érigés par un charpentier et connus sous l’appellation de « Maison des Pompes », étaient strictement utilitaires pour loger l’équipement et le gardien. C’est également à la fin du XIXe siècle que le Département du feu se modernise avec l’achat des premières pompes à vapeur, le remplacement des maisons des pompes par des bâtiments plus imposants et l’utilisation progressive des voitures à traction hippomobile.

Durant la période de 1870 à 1900, pour répondre aux besoins d’un centre urbain en pleine expansion, vingt-deux casernes sont construites, dont sept subsistent toujours en 2008. Dès lors, la volonté des autorités municipales consiste à construire des nouvelles casernes de pompiers prestigieuses intégrées dans la trame urbaine. En somme, la caserne de pompiers devient un point de repère dans les quartiers municipaux, tout comme les églises et les écoles.

De 1900 à 1920, la croissance démographique et le développement économique à Montréal sont en plein essor. Les quartiers se densifient par une augmentation de la construction immobilière. Durant cette période, vingt-deux casernes de pompiers sont construites par la Cité de Montréal et dix sont acquises par voie d’annexion. En 1918, on compte quarante-cinq casernes de pompiers en fonction sur le territoire de la Cité de Montréal. Par ailleurs, c’est au cours des années 1910-1920 que le véhicule motorisé entre progressivement en fonction, en remplacement des voitures tirées par des chevaux. Durant la période de 1920 à 1950, douze autres casernes de pompiers viennent s’ajouter au parc immobilier du service des incendies. Depuis ce temps, les véhicules, l'outillage et les casernes s’améliorent sans cesse et les pompiers sont formés aux plus récentes techniques de combat d'incendie.

Lors de la fusion des vingt-huit municipalités de l’île de Montréal, survenue le 1er janvier 2002, tous les services d'incendies de l'île de Montréal sont fusionnés pour former le Service de sécurité incendie de Montréal. En 2008, on dénombre sur l’île de Montréal un total de soixante-cinq casernes de pompiers en opération, dont cinquante sont situées sur le territoire de l’ancienne ville de Montréal, et quinze sont localisées dans les nouveaux arrondissements de Montréal et dans les villes de banlieues.

Des trente-et-une casernes ou ex-casernes de pompiers identifiées comme bâtiments municipaux d’intérêt patrimonial, une vingtaine conserve toujours leur fonction d’origine.

La caserne de pompiers no 14 est construite en 1912 au même moment que quatre autres casernes, dans le cadre de l’amorce d’un programme municipal visant à structurer le service d’incendie par quartier. Elle est construite à l’emplacement de l’ancienne caserne no 14 devenue vétuste. En 1980, la caserne no 14 ferme définitivement ses portes. Rénovée au début des années 1980, elle est louée par bail emphytéotique au Centre des arts contemporains du Québec à Montréal en 1983.

Points d'intérêt

La caserne no 14, inaugurée en 1913, est l’une des vingt-deux casernes de pompiers construites à Montréal entre 1900 et 1918. La valeur historique de la caserne no 14 repose sur le fait qu’elle témoigne, avec l’ensemble des casernes érigées depuis le dernier tiers du XIXe siècle, des efforts déployés par la Cité de Montréal pour lutter contre les incendies et constitue aussi un témoin de l’évolution de l’ancien quartier Saint-Jean-Baptiste.

Ce bâtiment public a conservé sa fonction d’origine de caserne de pompiers jusqu’au moment de sa fermeture en 1980. Des travaux de réaménagement et de recyclage sont ensuite effectués en 1986. L’édifice loge depuis 1983 le Centre des arts contemporains du Québec à Montréal, qui, par son rayonnement, contribue à la valeur d’usage du lieu.

La valeur artistique de l’ancienne caserne no 14 réside notamment sur l’importance de son concepteur, l’architecte Louis-Roch Montbriand (1860-1923). Ce dernier est l’un des architectes importants de la région de Montréal au cours de la première moitié du XXe siècle à qui l’on doit également la conception de la caserne no 16 (1041, rue Rachel Est, 1891), l’ancienne caserne no 20 (181, rue Saint-Antoine Ouest, maintenant incorporée au Palais des Congrès, 1908) et la caserne no 27 (5252, avenue Gatineau, 1908).

Quoique modeste, l’édifice possède une valeur artistique qui témoigne d’une parenté dans certains de ses éléments avec le style Beaux-Arts prédominant à l’époque de sa construction. La façade principale de la caserne est caractérisée par sa symétrie et la présence de nombreux détails ornementaux, notamment les registres superposés, le contraste entre la brique de parement de l’étage et la pierre grise de parement du rez-de-chaussée percé de deux arches, et les consoles de pierre supportant les linteaux au-dessus des petites portes. La composition de la façade arrière est inspirée de l’architecture fonctionnaliste, caractérisée notamment par l’absence d’ornementation.

La valeur urbanistique de la caserne no 14 se traduit par le fait qu’elle se démarque avantageusement des bâtiments environnants par son gabarit, l’ornementation de sa façade principale et sa vocation publique. La façade arrière de la caserne se démarque également par rapport aux maisons voisines sur l’avenue Coloniale par sa marge de recul et la présence de la tour à boyaux.

Finalement, la caserne no 14 possède une valeur symbolique à l’échelle nationale. Implanté à l’intérieur d’un îlot résidentiel, cet édifice de deux étages constitue un point de repère physique sur la rue Saint-Dominique, un élément familier pour les résidants du secteur et un véritable symbole par son rôle d’acteur de premier plan dans la production d'œuvres réalisées dans le cadre du programme d'intégration des arts à l'architecture, au Québec.

Autres occupants marquants
Locataires :
  • Centre des arts contemporains du Québec à Montréal
    (locataire à aujourd'hui à aujourd'hui)
    Mis en opération en 1982, les Ateliers d’art contemporain voient le jour dans une ancienne usine désaffectée d'Outremont. Sous l’instigation de ses fondateurs, un projet pour la création d'un centre de production et diffusion en art actuel est soumis à la Ville de Montréal. Le projet est accepté en 1982 et le Centre des arts contemporains du Québec à Montréal est fondé en 1983. Depuis, établi dans l’ancienne caserne no 14, acquis par bail emphytéotique, le centre joue un rôle important dans la production d'œuvres réalisées dans le cadre du programme d'intégration des arts à l'architecture, au Québec. Il joue également un rôle essentiel dans l’organisation et la création des événements publics, tel que les Symposiums de sculpture Carrefour de l'art et de l'industrie, Lachine An 1 et An II, qui ont lieu durant les années 1980 et 1990. Aujourd’hui, le centre est doté d'une infrastructure plus élargie qui lui permet de promouvoir plus activement l'art actuel et d'en faire bénéficier le grand public.
Transformations majeures :
(dernière mise à jour le 22 avril 2009 )
  • Travaux 1
    Date des travaux : 1995
    Fin des travaux : 1997
    Restauration ou recyclage du bâtiment.

    Aménagement de la caserne en centre des arts contemporains
     
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Bibliographie sur l'immeuble  

Pour plus d'information sur l'histoire ou l'architecture du bâtiment,
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Données mises à jour le 1 novembre 2012