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FICHE DU SECTEUR
Sainte-Anne (de la Montagne et Ottawa)

Identification  
Les termes précédés d'un sont définis au glossaire.
 Nom du secteur :

Sainte-Anne (de la Montagne et Ottawa)

Arrondissement ou ville :

Le Sud-Ouest (Montréal)

Localisation :

Plan de localisation Plan de localisation

Ce secteur, situé au nord du canal de Lachine, est composé de deux îlots de forme irrégulière sis de part et d’autre de la rue de la Montagne. Il comprend des habitations ouvrières en enfilade et des édifices industriels en brique de deux et trois étages. Ces constructions du XIXe siècle côtoient des entrepôts, de même que de petits bâtiments industriels et commerciaux plus récents, implantés dans une trame urbaine discontinue. Le secteur est marqué par l’édifice en forme de proue construit par la Lachine Rapids Hydraulic & Land Company, dont la pointe s’avance à l’intersection des rues du Séminaire et de la Montagne.
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Rue de la Montagne, côté nord, vers l’ouest
©Ville de Montréal, 2006
 
Rue Ottawa, côté est, vers le nord
©Ville de Montréal, 2006
 
Rue Murray, vers le nord-ouest
©Ville de Montréal, 2006
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Un voisinage, son histoire  
 

1642-1820

   
Développement du milieu urbain

En 1642, Paul Chomedey de Maisonneuve (1612-1676) et Jeanne Mance (1606-1673) fondent Ville-Marie. En 1654, le Sieur de Maisonneuve cède le fief Nazareth, situé juste à l’ouest de la ville naissante, aux sœurs hospitalières de Saint-Joseph, qui dirigent l’Hôtel-Dieu fondé quelques années auparavant par Jeanne Mance. Les sœurs administrent ce domaine en y exploitant une ferme pour s’approvisionner et les revenus générés servent à financer les œuvres de l’Hôtel-Dieu. Le secteur est situé dans les limites de ce fief, qui demeure agricole jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

En 1792, le marchand Thomas McCord fait l’acquisition du fief Nazareth. Cependant, en 1804, Patrick Langan, procureur de McCord, vend le fief à l’insu de ce dernier, parti en Irlande pour y régler des problèmes d’ordre financier, à Robert et Mary Griffin. Ceux-ci subdivisent les terres en 1804 et 1805 dans le but d’en faire un quartier résidentiel. En 1814, McCord recouvre ses droits et il fait approuver le tracé des rues par la Ville, en ayant soin toutefois de modifier certains noms. Les lots à bâtir du quartier, alors dénommé Griffintown, demeurent vacants jusqu’au début des années 1820.

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1821-1849

   
Développement du milieu urbain

L’urbanisation de Griffintown s’amorce avec la construction du canal de Lachine entre 1821 et 1825. Plusieurs immigrants d’origine irlandaise travaillent à la réalisation de cet ouvrage et s’installent non loin. Un nombre croissant de fonderies et d’entrepôts s’implantent dans cette partie du quartier dès les années 1820. En 1832, le territoire de Griffintown prend le nom de quartier Sainte-Anne au moment où Montréal se forme en municipalité.

Les travaux de modernisation du port de Montréal dans les années 1830 et 1840, l’élargissement du canal de Lachine entre 1843 et 1848, ainsi que le développement de son potentiel hydraulique, contribuent à la croissance urbaine et industrielle du quartier Sainte-Anne. Dans les années 1840, l’actuelle rue de la Montagne est tracée. Au sud-ouest de cette rue se trouve une partie de la ferme Saint-Gabriel, propriété des sulpiciens, lotie en 1845. L’îlot triangulaire situé au nord-ouest de la rue Ottawa apparaît pour la première fois dans ce projet de lotissement.

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1850-1900

   
Développement du milieu urbain

À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, l’industrialisation du quartier Sainte-Anne s’intensifie. Les édifices abritant fonderies, manufactures, brasseries, imprimeries et compagnies de transport se multiplient. De nombreuses habitations sont également construites au cours de la même période pour loger la main-d’œuvre ouvrière qui afflue dans le quartier. Ces maisons en rangée, construites à l’alignement du trottoir, comprennent habituellement deux logements sur deux ou trois étages. L’église Sainte-Anne, œuvre de l’architecte John Ostell, est érigée en 1854 à proximité du secteur et devient le cœur de la nouvelle paroisse catholique irlandaise Sainte-Anne.

Dans les années 1890, alors que le canal de Lachine est considéré comme le premier centre industriel du Canada, les usines, qui s’établissent toujours plus nombreuses dans le quartier Sainte-Anne, remplacent progressivement une partie des habitations. Alors que la population s’accroît dans les autres faubourgs ouvriers de la ville, celle du quartier Sainte-Anne diminue. Les désagréments causés par la présence dominante des industries, l’insalubrité, les épidémies, les inondations, ainsi que l’arrivée du tramway électrique en 1892, amènent plusieurs résidents, à l’exception des plus pauvres, à s’exiler vers les nouveaux développements résidentiels.

Architecture

Maison contiguë
 
Maison en rangée
 
Maison en rangée

Atelier / entrepôt / usine / garage
    
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1901 à aujourd'hui

   
Développement du milieu urbain

Le quartier Sainte-Anne subit plusieurs transformations importantes au XXe siècle. Dans les années 1930 et 1940, la construction du viaduc ferroviaire de la compagnie Canadien National divise le quartier en deux parties. L’ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent en 1959, qui permet aux navires d’accéder directement aux ports des Grands Lacs, ainsi que l’essor du transport par camion, contribuent au déclin des activités du canal de Lachine, qui ferme à la navigation en 1970. Entreprises et résidents délaissent ainsi les anciens quartiers pour s’installer dans les banlieues et les parcs industriels desservis par les nouvelles infrastructures routières. Le déclin démographique, déjà amorcé depuis la fin du XIXe siècle, s’accentue avec la démolition, dans les années 1960, d’un grand nombre d’habitations et d’usines. L’église Sainte-Anne et son presbytère sont également démolis en 1970.

L’aspect déstructuré des îlots du secteur Sainte-Anne témoigne des bouleversements économiques et urbains qui ont marqué l’ensemble de ce quartier. Les édifices industriels et résidentiels du secteur rappellent l’étroite proximité de ces fonctions qui a longtemps caractérisé le quartier Sainte-Anne.

Des actions modestes de mise en valeur posées par la population locale témoignent encore aujourd'hui d'un attachement notable pour ce quartier, lieu identitaire et de mémoire pour la communauté irlandaise.

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Bibliographie  
 

Pour plus d'information sur l'histoire ou l'architecture du secteur,
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Données mises à jour le 18 mai 2012