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  FICHE DU BÂTIMENT 
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Façade principale, rue Saint-Paul, à l'angle de la rue du Marché-Bonsecours.
©Denis Tremblay, 2014
 
La façade de la rue du Marché-Bonsecours.
©Denis Tremblay, 2005
 
Le bâtiment vu de la rue de la Commune (anciennement des Commissaires).
©Denis Tremblay, 2005
Les termes précédés d'un sont définis au glossaire.
Nom du bâtiment :

Immeuble John-Elliott

Autre appellation :
  • Édifice Elliott
Adresses civiques :
  • 266-272, rue Saint-Paul Est
  • rue du Marché-Bonsecours
    (façade latéralesans numéro civique)
  • 277, rue de la Commune Est
    (façade secondaire)
Arrondissement ou ville :

Ville-Marie (Montréal)

Secteur d'intérêt patrimonial :

Vieux-Montréal

Localisation :
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Construction  
Date de construction initiale :

1845-1848

Nom du concepteur de la
construction initiale :
  • William Footner
    (archictecte)
  • George Browne
    (architecte)
Nom du propriétaire constructeur :
  • Ville de Montréal
    (propriétaire du 1844-04-03 au 1859-09-09)
Typologie d'origine :
  • maison-magasin

Commentaire sur les travaux

Marché de construction : 10 mai 1845 (notaire P. Lamothe).

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Élévation principale, rue Saint-Paul.
©Ville de Montréal, vers 1995.
 
Élévation, rue de la Commune.
©Ville de Montréal, vers 1995.
 
Élévation, rue du Marché-Bonsecours.
©Ville de Montréal, vers 1995.
 
Histoire  

Histoire du bâtiment

Cet immeuble est construit par la Corporation de la Ville de Montréal de 1845 à 1848, le projet étant modifié en cours de route. En 1844, dans le cadre d'un grand projet dont le marché Bonsecours est la pierre angulaire, le conseil municipal prévoit un autre immeuble qui logerait un marché aux poissons et des boutiques. À cette fin, au printemps 1844, la Ville achète deux lots et fait démolir une maison-magasin et des écuries qui s'y trouvent. Elle engage William Footner, l'architecte retenu pour le marché Bonsecours, pour la conception du bâtiment. Les travaux avancent lentement, l'entrepreneur Pierre Lippé étant incapable de respecter son contrat signé en mai. Toujours en 1845, la Ville fait appel à l'entrepreneur Vital Gibault afin de consolider les fondations de l'immeuble avant l'hiver. Bien qu'on propose la mise sous contrat de nouveaux entrepreneurs en vue du parachèvement de l'immeuble pour mai 1846, les travaux sont suspendus jusqu'à ce que le Marché Bonsecours soit ouvert.
En effet, ce n'est qu'en 1847 que le comité des marchés décide de compléter le nouvel immeuble, mais cette fois selon les dessins et sous la surveillance de George Browne, l'architecte à qui on a déjà confié le parachèvement du Marché Bonsecours. Un marché aux poissons ayant finalement été incorporé au Marché Bonsecours, le nouveau bâtiment est divisé en quatre unités locatives : deux boutiques sur la rue de la Commune et deux locaux commerciaux, rue Saint-Paul, ces derniers étant reliés à des appartements aux étages supérieurs.

Les premiers locataires, principalement les épiciers en gros Tiffin et Elliott, occupent leurs locaux à partir de mai 1848. Selon les rôles d'évaluation, ils ne semblent en faire d'abord qu'un usage commercial, mais en 1851 un quart de la valeur locative sert à l'habitation, possiblement pour Thomas Tiffin qui n'aurait pas d'autre adresse en ville tandis qu'Elliott en a une. Un autre épicier installé aussi dans l'immeuble en 1849 combinerait commerce et habitation comme Tiffin, mais dès 1852 il habite ailleurs (il quittera en 1857). Tiffin & Elliott mettent fin à leur association vers 1853 et Thomas Tiffin quitte les lieux tandis que John Elliott y poursuit ses activités. Il achète l'immeuble de la Ville en 1859 et pendant encore quelque 25 ans, il y tient son commerce. Après son décès en 1884 et la fermeture du commerce, la famille demeure propriétaire jusqu'en 1888.

De 1888 jusqu'aux années 1950, des marchands de fruits et légumes ont pignon sur rue du côté du port, avant que le soubassement soit aménagé en taverne et restaurant. Joseph D. Côté, qui achète l'immeuble en 1909, est lui-même marchand de fruits mais il décède peu après cette acquisition; ses héritiers conservent néanmoins le bâtiment très longtemps en louant à d'autres. Du côté de la rue Saint-Paul et aux étages supérieurs, divers occupants se succèdent après 1888 (épicerie, articles de boucheries, fleurs et plumes), avec des périodes de vacance. Un changement radical survient en 1913 quand la Banque Royale ouvre une succursale au rez-de-chaussée, suivie par la Banque canadienne nationale (BCN) de 1927 à 1980. Entre-temps, les étages supérieurs semblent inoccupés ou, tout au plus, utilisés en partie par les marchands de fruits et légumes du soubassement.

En 1965, des designers transforment les étages supérieurs en bureaux. Madeleine Arbour – pionnière des arts visuels, du design d'intérieur et de la communication, signataire du Refus global en 1948 – y installe son atelier et emménage avec sa famille. L'entreprise de design intérieur Madeleine Arbour et associés y reste présente jusqu'en 1999. D'autres locataires de bureaux et résidants occupent les lieux au fil des années. En 1980, la coopérative d'artisans L'Empreinte remplace la BCN au rez-de-chaussée et y installe sa boutique et une galerie pour exposer les oeuvres de ses membres. Elle y est encore en 2015. Face au Vieux-Port, on trouve des commerces liés au tourisme.

Autres occupants marquants
Propriétaires :
  • John Elliott
    (propriétaire du 1859-09-09 au 1885-04-29)
  • J.D. Coté & Fils (marchand de fruits)
    (propriétaire du 1909-04-14 au 1962-04-27)
Autres occupants marquants
Locataires :
  • Royal Bank of Canada (banque)
    (locataire de 1913 à environ 1921)
  • Banque canadienne nationale (banque)
    (locataire du 1928-11-01 à environ 1980)
  • Madeleine Arbour et Associés (design d'intérieur)
    (locataire de 1965 à 1999)
  • Coopérative L'Empreinte (boutique et galerie)
    (locataire de environ 1980 à une date inconnue)
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Carte postale (détail), vers 1915.
Collection privée de Christian Paquin
 
Détail de la façade, rue Saint-Paul.
©Denis Tremblay, 2014
 
Lecture architecturale  
L'immeuble occupe en entier un terrain formant une tête d'îlot à proximité immédiate du marché Bonsecours, avec un coin arrondi à l'angle de la rue Saint-Paul. Les trois façades sont en pierre grise de Montréal. L'édifice compte trois étages, rue Saint-Paul, incluant le rez-de-chaussée, et un étage de soubassement entièrement dégagé face au port. La toiture à trois versants en pente douce, percée de lucarnes, recouvre un étage de comble peu visible de la rue.

Le rapport entre les pleins et les vides varie d'une façade à l'autre, mais les quatre travées de la façade principale, les huit de la façade latérale et les trois de l'arrière présentent une grande régularité dans chaque cas. Le traitement varie également d'un niveau à l'autre. Les bossages rustiques de l'étage de soubassement sont identiques à ceux du marché Bonsecours. Le niveau du rez-de-chaussée (par rapport à la rue Saint-Paul) est le plus élaboré. Du deuxième au troisième niveau, le décor se simplifie encore discrètement et, surtout, la hauteur de l'étage et des fenêtres diminue. Ce traitement s'inscrit dans l'esprit classique du temps, esprit que confirme à l'évidence le vocabulaire architectural, à commencer par les pilastres et entablements du niveau principal. Les chapiteaux des pilastres, très simples, rappellent l'ordre dorique ou toscan de tradition romaine. En revanche, les chambranles plats des fenêtres, avec, au 2e niveau, des linteaux en bâtière (partie supérieure formant une sorte de pignon aplati) débordant aux extrémités, sont plutôt d'inspiration grecque à l'instar du marché Bonsecours. Au-delà des nuances, il s'agit d'un sobre édifice néoclassique bien de son temps.

La façade principale relativement étroite, rue Saint-Paul, rappelle les maisons-magasins, toujours dotées de vitrines. Toutefois le fenêtrage des étages supérieurs prend une importance considérable qui annonce les magasins-entrepôts des années 1850. L'imposante façade latérale, bien que moins généreusement fenêtrée, suggère aussi ce type d'immeuble. Nous savons toutefois que les étages supérieurs ont été habités au moins en partie. Il s'agissait donc bien d'une maison-magasin. Les portes de la rue Saint-Paul ont été déplacées à travers le temps; à l'origine, il y en aurait eu deux, une pour chaque unité locative; aujourd'hui, l'une donne accès au rez-de-chaussée (dans l'angle) et l'autre aux étages. Enfin, il y encore des accès du côté du port.
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Intérêt et protection patrimoniale du bâtiment  
Le bâtiment est protégé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en vigueur depuis le 19 octobre 2012, par le statut suivant :
  • Situé dans le site patrimonial de Montréal (Vieux-Montréal) (déclaré) (2012-10-19).
    Anciennement un arrondissement historique (1964-01-08) (juridiction provinciale)
Le bâtiment est identifié aux documents d'évaluation du patrimoine urbain dans la catégorie suivantes :
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Bibliographie sur l'immeuble  

Pour plus d'information sur l'histoire ou l'architecture du bâtiment,
veuillez consulter les sources suivantes :

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Numéros de référence  
Bâtiment :

0040-76-0685-00

Propriété :

0040-76-0685

Immeuble situé dans le Vieux-Montréal :

Des informations et des liens additionnels peuvent être disponibles sur la fiche de cet édifice dans le site du Vieux-Montréal.

 
Avertissement :

Ce site Web a été produit pour des fins d'information et n'a pas de valeur légale. Pour obtenir de l'information officielle sur un statut de protection légale ou réglementaire, communiquez directement avec l'arrondissement ou la ville concernés et la Direction de Montréal du ministère de la Culture et des Communications du Québec.

 
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Données mises à jour le 20 février 2015