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  FICHE DU BÂTIMENT 
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La cour d'honneur, rue Saint-Sacrement.
©Denis Tremblay, 2010
 
Carte postale montrant l'édifice peu après sa construction.
©Bibliothèque et Archives nationales du Québec, Collection de cartes postales, Id. 0003762509 (Web).
 
La façade latérale de la rue Saint-Nicolas.
©Denis Tremblay, 2006
Les termes précédés d'un sont définis au glossaire.
Nom du bâtiment :

Édifice du Montreal Board of Trade

Adresses civiques :
  • 300, rue du Saint-Sacrement
  • 425, rue Saint-Pierre
    (façade latérale)
  • 440, rue Saint-Nicolas
    (façade latérale)
  • 285, rue Le Moyne
    (façade secondaire)
Arrondissement ou ville :

Ville-Marie (Montréal)

Secteur d'intérêt patrimonial :

Vieux-Montréal

Localisation :
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Construction  
Date de construction initiale :

1902-1903

Nom du concepteur de la
construction initiale :
  • David Robertson Brown
    (architecte)
Nom du propriétaire constructeur :
  • The Montreal Board of Trade (association d'hommes d'affaires)
    (propriétaire du 1890-08-27 au 1983-04-21)

Commentaire sur les travaux

Tout indique que les travaux débutent en 1902, soit plus d’un an après l’incendie qui ravagea l’ancien édifice du Board of Trade. L’édifice est occupé au printemps 1903 et inauguré en août de la même année.

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Le porche de l'entrée principale.
©Denis Tremblay, 2006
 
Élévation. Façade principale, rue saint-Sacrement.
©Ville de Montréal, vers 1995.
 
Détail de la partie supérieure d'une façade latérale.
©Denis Tremblay, 2006
 
Histoire  

Histoire du bâtiment

L’édifice du Montreal Board of Trade est construit en 1902-1903. Son histoire remonte cependant au début des années 1890 lorsque l'organisme acquiert le terrain. L’association d’hommes d’affaires y fait construire un premier immeuble en 1892-1893, suivant les plans d'une agence d'architectes bostonienne retenue par concours — Shepley, Rutan and Coolidge. Après un grand incendie survenu le 23 janvier 1901, qui a détruit un large secteur, le Board of Trade fait construire un nouvel immeuble conçu par l'architecte montréalais David R. Brown. Le plan en U et les dimensions de l'immeuble restent les mêmes pour l'essentiel, les fondations étant d'ailleurs largement conservées. Il s'agit toutefois d'une nouvelle construction à l'épreuve du feu. La pierre de revêtement et le vocabulaire architectural sont aussi très différents de ceux du premier immeuble. Le prolongement de la rue Le Moyne, l'année même du grand incendie, fait en sorte que le site est désormais encadré par quatre rues.

L’immeuble de bureaux, pendant plus de 20 ans l'un des plus grands du Vieux-Montréal en superficie utile, loge dès 1903 le Board of Trade et une centaine de locataires, essentiellement des professionnels et des bureaux d’entreprises. Le Board of Trade gère également un club privé, le club Canada, qui s'installe au centre de la partie supérieure de l'édifice. Le Board of Trade réaménage et modernise l'intérieur en 1941. Les travaux dirigés par les architectes Wood & Langton portent notamment sur le hall d'entrée pour lequel on adopte une approche moderniste, peut-être une première dans le quartier. Le Board of Trade demeure dans l’édifice jusqu’en 1967, alors qu'il déménage dans un autre immeuble du centre-ville, mais il conserve la propriété jusqu’en 1983 (le club, fermé en 1941, est quant à lui rouvert de 1957 à 1982). Au cours des années 2010, l’immeuble de bureaux héberge toujours de nombreux locataires.

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Le hall d'entrée.
Photographie Gilles Lauzon, 2013
 
Un ascenseur, à droite de la porte d'entrée.
Photographie Gilles Lauzon, 2013
 
Le grand corridor.
Photographie Gilles Lauzon, 2013
 
Lecture architecturale  
Implanté rue Saint-Sacrement dans le secteur traditionnel des bourses et des entreprises de grand commerce, l'édifice du Montreal Board of Trade occupe à lui seul une bonne partie d'un vaste îlot. L'édifice forme un grand U, avec une cour d'honneur à l'avant et des marges de recul variables. Il compte six étages coiffés d'un toit plat. Nettement plus large que haut, ce grand édifice avec une ossature d'acier dépasse en superficie intérieure utile les gratte-ciel de dix étages construits après lui. Cette construction en acier et autres matériaux incombustibles (brique, pierre, béton et terre cuite) est revêtue de trois côtés de calcaire chamois de l'Indiana, tandis que l'élévation arrière, rue Le Moyne, est traitée plus modestement en brique beige.

Parfaitement symétrique, l’édifice est composé d’un corps central et de deux ailes en retour d'équerre qui forment la cour d’honneur donnant accès au porche monumental. Toutes les élévations des façades présentent une division tripartite. La partie inférieure, incluant le rez-de-chaussée surélevé, est traitée comme un soubassement à bossages en table continu, puis, au-dessus de la partie médiane sans ornement, la partie supérieure comprend des colonnes engagées et des pilastres reliant deux niveaux sous une corniche de cuivre. Cette composition classique – en partie héritée de l’édifice précédent – est complétée par un décor académique à l’antique. Le porche ionique in antis (deux colonnes entre des murs-piliers « d’ante ») est directement inspiré de la Grèce ancienne, comme en témoignent les grandes volutes et l’épais coussinet des chapiteaux ainsi que les trois acrotères à palmettes. Plus haut sur la façade, la frise ornée d’une grecque (méandre au dessin complexe), la colonnade ionique à grandes volutes et les pilastres à chapiteau d’ante des élévations latérales font écho au porche grec. L’architecte a pu tirer profit des enseignements de l’École des beaux-arts de Paris, mais un tel discours architectural s’inscrit au début du XXe siècle dans un courant proprement nord-américain de renouveau classique.

La cour d'honneur et le traitement sobre mais raffiné de ce vaste édifice lui donnent un caractère quasi institutionnel, ce que souhaite probablement le Board of Trade, tandis que l’uniformité des nombreuses ouvertures indique bien la fonction essentielle d’immeuble de bureaux. Les hautes fenêtres aux derniers étages de la partie centrale arrière font toutefois exception et permettent de situer l'emplacement du club Canada. Outre l'entrée principale soulignée par son porche monumental, des entrées plus modestes donnent accès au bâtiment du côté gauche de la cour d'honneur (entrée probablement ajoutée), ainsi que par les rues Saint-Nicolas et Saint-Pierre. On trouve aussi des entrées de service à l'arrière.

Intérieur

Par l'entrée principale on accède au hall des ascenseurs et, droit devant soi, à un grand escalier qui constitue l'élément visuel dominant. De chaque côté du hall, de longs corridors forment un axe transversal, d'ailleurs annoncé dès l'extérieur par les entrées des rues Saint-Nicolas et Saint-Pierre. Cette lisibilité du plan autour d'un élément dominant répond à un principe des beaux-arts français qui se prolonge ici dans la modernité. La sobriété du hall et la noblesse du matériau principal témoignent en effet d'un modernisme affirmé. Un lambris de marbre gris veiné, composé avec soin (motifs naturels se poursuivant d'un panneau à l'autre, effets miroir), recouvre entièrement trois des quatre murs. Les carrés qui ornent le plancher en terrazzo crème ainsi que la composition symétrique de l'escalier double en terrazzo gris-vert participent au décor avec d'autres éléments discrets, dont une chute de courrier en bronze, d'origine. Dans les corridors, les marbres gris anciens dominent un décor moderne des plus simples.
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Le mur arrière, en brique.
©Denis Tremblay, 2014
 
L'immeuble construit en 1892-1893, dans une publication de 1894.
©Bibliotèque nationale du Québec à Montréal. Albums de rues Édouard-Zotique Massicotte. 7-121-a.
 
Le premier édifice après l'incendie de janvier 1901.
©Musée McCord d'histoire canadienne, Montréal, MP-0000.1861. Collaboration spéciale dans le cadre d'un partenariat.
 
Intérêt et protection patrimoniale du bâtiment  
Le bâtiment est protégé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en vigueur depuis le 19 octobre 2012, par le statut suivant :
  • Situé dans le site patrimonial de Montréal (Vieux-Montréal) (déclaré) (2012-10-19).
    Anciennement un arrondissement historique (1964-01-08) (juridiction provinciale)
Le bâtiment est identifié aux documents d'évaluation du patrimoine urbain dans la catégorie suivantes :
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Bibliographie sur l'immeuble  

Pour plus d'information sur l'histoire ou l'architecture du bâtiment,
veuillez consulter les sources suivantes :

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Numéros de référence  
Bâtiment :

0040-30-2107-00

Propriété :

0040-30-2107

Immeuble situé dans le Vieux-Montréal :

Des informations et des liens additionnels peuvent être disponibles sur la fiche de cet édifice dans le site du Vieux-Montréal.

 
Avertissement :

Ce site Web a été produit pour des fins d'information et n'a pas de valeur légale. Pour obtenir de l'information officielle sur un statut de protection légale ou réglementaire, communiquez directement avec l'arrondissement ou la ville concernés et la Direction de Montréal du ministère de la Culture et des Communications du Québec.

 
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Données mises à jour le 23 octobre 2015