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  FICHE DU BÂTIMENT 
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L'édifice de la Banque Royale vu de la rue Notre-Dame.
©Denis Tremblay, 2006
 
La banque Royale vue de la rue Notre-Dame, dans une publication de 1929.
The Royal Bank Of Canada, The Royal Bank Building, 1929, p. 21.
 
La façade du « socle » de l’édifice, rue Saint-Jacques.
©Denis Tremblay, 2006
Les termes précédés d'un sont définis au glossaire.
Nom du bâtiment :

Banque Royale

Adresses civiques :
  • 360, rue Saint-Jacques
  • 500-520, rue Saint-Pierre
    (façade latérale)
  • 501-515, rue Dollard
    (façade latérale)
  • 361, rue Notre-Dame Ouest
    (façade secondaire)
Arrondissement ou ville :

Ville-Marie (Montréal)

Secteur d'intérêt patrimonial :

Vieux-Montréal

Localisation :
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Construction  
Date de construction initiale :

1926-1928

Nom du concepteur de la
construction initiale :
  • S. G. Davenport
    (architecte -- architecte associé)
  • York & Sawyer
    (agence d'architectes -- architecte principal)
Nom du propriétaire constructeur :
  • Banque Royale (institution bancaire)
    (propriétaire du 1926-03-01 à environ 1960)
Typologie d'origine :
  • gratte-ciel
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L'entrée principale, rue Saint-Jacques.
©Denis Tremblay, 2006
 
Le hall d’entrée.
Photographie Gina Garcia, 2006
 
Un des deux halls d’ascenseurs.
Photographie Gina Garcia, 2006
 
Histoire  

Histoire du bâtiment

En 1907, la Banque Royale du Canada déménage son siège social de Halifax à Montréal. En pleine expansion, elle se sent vite à l’étroit dans son immeuble de la rue Saint-Jacques. Pour régler ce problème chronique d’espace, le conseil d’administration de la banque la plus importante du Canada commande en 1926 un édifice prestigieux à une agence réputée d’architectes new-yorkais : York & Sawyer. Cette firme, qui se spécialise dans l’architecture bancaire, s’associe à l’architecte attitré de la banque, S. G. Davenport. Ensemble, ils conçoivent un gratte-ciel qui exprime l’opulence et la prospérité de l’institution. Érigé de 1926 à 1928, cet édifice est à l’époque le plus élevé de l’Empire britannique.

La Banque Royale achète tous les immeubles du quadrilatère que forment les rues Saint-Jacques, Saint-Pierre, Notre-Dame et Dollard entre les années 1920 et 1926. Par la suite, on démolit tous les bâtiments sur le site, notamment l’ancien Mechanics’ Institute et le gratte-ciel de dix étages de la Banque d’Ottawa. La pierre angulaire du nouvel édifice est posée en avril 1927 et, au printemps suivant, les employés s’installent dans le nouvel immeuble.

Le siège social, les bureaux des différents services administratifs et la monumentale salle des guichets de la Banque Royale occupent les cinq premiers étages que constituent le socle de ce gratte-ciel. Le personnel bénéficie de tout le confort moderne : salles de repos, fumoir, magnifiques salles de réunions et de réceptions, infirmerie, salles à manger et cafétéria. Les chambres fortes sont logées au sous-sol. Les bureaux situés dans la tour sont offerts en location et des compagnies de multiples horizons, autant canadiennes qu’américaines, s’y installent.

En 1962, après avoir passé 34 ans au même endroit, la Banque Royale déménage son siège social dans un autre édifice-phare de Montréal : la place Ville-Marie. Elle conserve toutefois une succursale dans l’édifice de la rue Saint-Jacques. En 2008, l’impressionnante salle des guichets accueille toujours des clients de la Banque Royale.

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Le grand escalier et, à gauche, la salle des guichets.
© Normand Rajotte, L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine, 2004
 
La grande salle des guichets.
Photographie Gilles Lauzon, 2009
 
Motifs en bronze au-dessus d’une porte grillagée.
Photographie Gilles Lauzon, 2009
 
Lecture architecturale  
La Banque Royale se dresse rue Saint-Jacques sur un îlot entier de forme presque carrée au coeur de l’ancien centre d’affaires canadien. Ce gratte-ciel de vingt-deux étages possède une structure d’acier et il est recouvert de calcaire gris – la partie inférieure en calcaire de Queenston, Ontario, a pris une teinte chamois au fil du temps. L’édifice, le plus haut de la ville en 1928, se distingue par des retraits imposés par la règlementation visant les édifices de plus de dix étages. Sur un socle massif de quelques étages – incluant un monumental rez-de-chaussée – apparaît ainsi une tour surmontée d’un bloc que couvre un toit en pavillon.

Vu de la rue, l’édifice présente trois grandes divisions, soit le puissant socle, la partie médiane de la tour et les pilastres au sommet de cette dernière – le bloc du sommet est trop en retrait pour être vu. Ces divisions et les détails du traitement architectural soulignent bien peu la hauteur de l’édifice. Le revêtement crée même une fausse impression de murs porteurs massifs qui masque la présence d’une ossature d’acier. Ce gratte-ciel à l’américaine, moderne par sa structure et ses équipements, est revêtu d’une enveloppe de pierre dont la composition rappelle divers passés lointains. Le socle réfère à trois influences stylistiques. En premier lieu, sa forme même et ses trois hautes ouvertures en plein cintre évoquent les palais florentins de la Renaissance. En deuxième lieu, les extrados brisés de ces arcs, d’esprit gothique, rappellent l’époque médiévale de Florence. Enfin, au sommet du socle, la colonnade d’esprit néoclassique évoque l’Antiquité romaine, tout comme les pilastres au sommet de la partie médiane de la tour, par ailleurs plus dépouillée que le socle. Cet historicisme éclectique savant, qui résulte de la combinaison d‘éléments inspirés de différentes époques de référence, est l’une des approches architecturales en vogue dans les centres-villes nord-américains des années 1920.

La fonction de l’immeuble est annoncée par ce style particulier dont les architectes York and Sawyer se font les champions dans le domaine bancaire partout en Amérique du Nord. La tour apparaît plus simplement comme un immeuble de bureaux locatif posé sur une banque, ce qu’elle est. L’entrée monumentale unique en façade principale (il y a une entrée secondaire rue Notre-Dame) contribue à annoncer clairement un siège social et donne même l’impression que tout l’édifice sert à la banque. Ce portail contribue par ailleurs à l’image de prestige dont bénéficient tout autant les bureaux logeant dans la tour. Enfin, les trois ouvertures principales de la façade annoncent trois axes parallèles du plan intérieur.

Éléments décoratifs extérieurs significatifs

Les clefs des petites ouvertures rectangulaires au niveau de la rue représentent des personnages, dont un Mercure (Hermès chez les Grecs), patron du commerce. Les deux tambours en bronze du grand portail d’entrée sont surmontés de griffons, bêtes mythiques ayant traversé les âges, qui soutiennent le monogramme de la banque. L’encadrement des portes, en marbre de Levanto, est orné de motifs décoratifs en bronze représentant des pièces de monnaie canadiennes et britanniques; l’ensemble est surmonté par les armoiries du Royaume-Uni également adoptées par le Canada. Plus haut sur l’immeuble, les blasons des provinces canadiennes, sculptés en bas-relief dans la pierre, cernent la colonnade aux angles de l’édifice.

Intérieur accessible au public

Le plan et la distribution intérieure qui en résulte reflètent les préceptes de l’enseignement français des beaux-arts. En effet, un axe central monumental est complété par un ensemble hiérarchisé d’axes secondaires. Dès l’entrée l’oeil est attiré vers la grande salle des guichets qu’on atteint au sommet d’un escalier. Cet axe est préalablement coupé à angle droit par celui des halls d’ascenseurs qui, de part et d’autre, desservent les étages de la tour. Le grand escalier conduit vers la partie surélevée du rez-de-chaussée, dans la banque elle-même, plus précisément dans la grande salle des guichets. D’autres espaces monumentaux logent des services spécialisés.

La grande salle des guichets prend la forme d’une basilique civile de la Rome ancienne, un peu comme celle de Maxence et Constantin constituée d’un vaisseau central et de bas-côtés voûtés, cette époque de référence ayant été annoncée à l’extérieur par les grandes colonnades. Partout dans la banque, les murs presque nus ornés par des armoiries et les arcs à extrados brisés rappellent le monde médiéval tandis que les ornements des caissons évoquent la Renaissance. Les planchers en mosaïques de marbre, les caissons en plâtre polychrome et en feuille d’or, les comptoirs en marbre mauve de Levanto ainsi que les grilles et éléments décoratifs en bronze doré soulignent la prospérité de l’entreprise, toutes références historiques confondues,

Des griffons flanquent partout le monogramme R[inversé]/ B de la banque. On retrouve également à l’intérieur les armoiries du Canada et celles de toutes les provinces et de Terre-Neuve, ainsi que de Halifax et Montréal, hôtes successives du siège social. Les portes en bronze des ascenseurs comportent des panneaux allégoriques illustrant les activités économiques du pays. Enfin, deux monuments en marbre honorent les employés tombés durant la Grande Guerre.
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Intérêt et protection patrimoniale du bâtiment  
Le bâtiment est protégé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en vigueur depuis le 19 octobre 2012, par le statut suivant :
  • Situé dans le site patrimonial de Montréal (Vieux-Montréal) (déclaré) (2012-10-19).
    Anciennement un arrondissement historique (1995-04-26) (juridiction provinciale)
Le bâtiment est identifié aux documents d'évaluation du patrimoine urbain dans la catégorie suivantes :
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Bibliographie sur l'immeuble  

Pour plus d'information sur l'histoire ou l'architecture du bâtiment,
veuillez consulter les sources suivantes :

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Numéros de référence  
Bâtiment :

0040-10-4639-00

Propriété :

0040-10-4639

Immeuble situé dans le Vieux-Montréal :

Des informations et des liens additionnels peuvent être disponibles sur la fiche de cet édifice dans le site du Vieux-Montréal.

 
Avertissement :

Ce site Web a été produit pour des fins d'information et n'a pas de valeur légale. Pour obtenir de l'information officielle sur un statut de protection légale ou réglementaire, communiquez directement avec l'arrondissement ou la ville concernés et la Direction de Montréal du ministère de la Culture et des Communications du Québec.

 
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Données mises à jour le 26 mai 2009