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  FICHE DU BÂTIMENT 
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L’édifice vu depuis la rue McGill.
©Denis Tremblay, 2007
 
Depuis la rue McGill, à l'angle de la rue Marguerite-D'Youville.
©Denis Tremblay, 2007
 
Carte postale montrant l’entrepôt d’examen (1912-1916).
Collection privée de Christian Paquin
Les termes précédés d'un sont définis au glossaire.
Nom du bâtiment :

Édifice des Douanes

Autre appellation :
  • Customs Examining Warehouse
Adresses civiques :
  • 400, place D'Youville
  • 105, rue McGill
    (façade latérale)
  • rue Normand
    (façade secondairesans numéro civique)
Arrondissement ou ville :

Ville-Marie (Montréal)

Secteur d'intérêt patrimonial :

Vieux-Montréal

Localisation :
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Construction  
Date de construction initiale :

1912-1916

Nom du concepteur de la
construction initiale :
  • David Ewart
    (architecte -- architecte superviseur)
  • E. L. Horwood
    (architecte -- architecte principal)
  • Alfred Hector Lapierre
    (architecte -- architecte associé)
Nom du propriétaire constructeur :
  • Gouvernement du Canada
    (propriétaire de 1910 à aujourd'hui)
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Détail de l’avant-corps central, rue McGill.
©Denis Tremblay, 2007
 
La grande salle des douanes, place D'Youville.
©Denis Tremblay, 2009
 
Élévation, place D'Youville.
©Ville de Montréal, vers 1995.
 
Histoire  

Histoire du bâtiment

Cet édifice est construit par le gouvernement du Canada en deux phases, la première s’étalant entre 1912 et 1916 et la seconde entre 1934 et 1936. La première section, sise du côté de la rue Marguerite-D’Youville, est érigée à une époque où les trois quarts des revenus du gouvernement canadien proviennent des droits de douanes. Le projet débute avec l’acquisition d’un terrain auprès des soeurs Grises en 1910. En 1911, l’ancien lavoir de l’hôpital général, construit dans les années 1840, est entre autres démoli afin de permettre l’amorce du nouveau chantier. Quant aux travaux, ils sont exécutés par le ministère des Travaux publics sous la gouverne des architectes du ministère E. L. Horwood et David Ewart avec l’aide d’un architecte associé, Alfred Hector Lapierre. L’édifice des Douanes sert alors essentiellement d’entrepôt d’examen des marchandises, mais on aménage aussi quelques bureaux et une modeste salle de guichets.

L’édifice est à peine inauguré que Hardwood dessine les plans de son agrandissement jusqu'à la place D'Youville. À cette fin, on démolit les bâtiments sur le site dès 1914, notamment l’édifice des Douanes du gouvernement fédéral datant du milieu du XIXe siècle. Les travaux commencent en 1919 mais s’arrêtent aussitôt pour des raisons inconnues. Le projet reprend finalement en pleine récession, entre 1934 et 1936, sous la responsabilité des architectes Thomas W. Fuller et Dalbé Viau. Ces derniers reprennent le plan de Hardwood pour les façades, mais modifient substantiellement le plan intérieur. La salle des guichets occupe les deux premiers étages, alors que les bureaux des douanes et du ministère du Revenu national logent aux étages supérieurs.

En 1977-1978, d’importants travaux de rénovation transforment les intérieurs : le vaste puits de lumière de l’agrandissement des années 1930 est supprimé, tandis que l’entrepôt d’examen des produits de la plus ancienne section est en bonne partie transformé en bureaux. En 2008, les bureaux et la salle de guichets des Douanes étaient toujours en place, ainsi que les bureaux de divers ministères fédéraux.

Transformations majeures :
(dernière mise à jour le 6 février 2009 )
  • Travaux 1
    Date des travaux : 1934
    Fin des travaux : 1936
    Modification à la volumétrie horizontale du bâtiment.

    Agrandissement de l'édifice jusqu'à la place D'Youville.



    Concepteurs de la transformation :
    Thomas W. Fuller (architecte -- architecte principal)
    Dalbé Viau (architecte -- architecte superviseur)
     
  • Travaux 2
    Date des travaux : 1977
    Fin des travaux : 1978
    Modification à la volumétrie horizontale du bâtiment.

    Restauration ou recyclage du bâtiment.

    Transformation majeure de l'intérieur du bâtiment. Le vaste puits de lumière des années 1930 est supprimé, tandis qu'on aménage des bureaux dans la section du bâtiment des années 1910 (entrepôt d’examen).



    Concepteur de la transformation :
    Lemay-Leclerc, architectes (architectes)
     
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Élévation, rue Marguerite-D'Youville.
©Ville de Montréal, vers 1995.
 
Élévation, rue McGill.
©Ville de Montréal, vers 1995.
 
Élévation, rue Normand.
©Ville de Montréal, vers 1995.
 
Lecture architecturale  
L’édifice est composé de deux corps de bâtiment bien visibles de la rue Normand, mais ayant l’apparence, rue McGill, d’un seul vaste immeuble rectangulaire de huit étages. Situé entre le port et le centre des affaires, il contribue magistralement à la perspective de la rue McGill où s’établissent de grands immeubles de bureaux prestigieux au début du XXe siècle. Il participe ainsi au mouvement City Beautiful lancé aux États-Unis dans le but de donner ordre et cohérence aux paysages urbains. Du granit gris du Québec et du grès chamois de Nouvelle-Écosse recouvrent une structure en acier dans la première section et une structure en béton armé dans la seconde section.

L’avant-corps au centre de la longue élévation latérale de la rue McGill divise symétriquement l’édifice de huit étages. De par sa longueur considérable, cette façade fait contrepoids à la hauteur du bâtiment. L’horizontalité est même renforcée de tous côtés par les trois parties horizontales de la composition – socle/ colonnade/ entablement et attique – dont l’effet se trouve accru par l’emploi d’une pierre de couleur différente pour la partie inférieure traitée comme le socle d’un monument. L’ordre ionique du bâtiment trouve sa source dans l’Antiquité gréco-romaine, les arcs du socle étant plus particulièrement d’origine romaine. L’édifice s’inscrit ainsi dans le grand courant de renouveau classique nord-américain du début du XXe siècle.

L’édifice apparaît comme un immense monument édifié à la gloire du Canada, comme l’était l’édifice des douanes de New York érigé peu de temps auparavant à la gloire des États-Unis. Cette fonction symbolique s’allie bien au caractère institutionnel de cet édifice du gouvernement fédéral et à la position du bâtiment sur cette grande artère moderne de l’époque, près du port qui est alors la porte d’entrée du Canada. La triple arcade monumentale et les armoiries du Canada sur la principale façade publique, place D’Youville, confirment ce caractère tout en conduisant les visiteurs vers la salle des guichets. La haute arcade grillagée de l’avant-corps de la rue McGill conduit quant à elle à un passage sans toutefois correspondre à une entrée publique ou à un axe intérieur. Une entrée modeste occupe par ailleurs le centre de la façade de l’ancien entrepôt, tandis que les débarcadères indiquent l’ancienne fonction d’entreposage. Les nombreuses fenêtres, tout autour, suggéraient la présence de bureaux, ce qui correspond à la fonction d’origine de la seconde section. Quant à la première section, l’entrepôt d’examen, elle avait également besoin de la lumière du jour et ses fenêtres ressemblaient dès lors à celles d’un immeuble de bureau.


Intérieur accessible au public

La façade de la place D’Youville annonce l’axe intérieur principal, dans l’esprit des beaux-arts français. Un large escalier extérieur conduit vers un porche en portique à triple arcade. À l’intérieur, un tambour en bronze précède un vestibule d’où partent les ascenseurs. Dans l’axe de l’entrée, des portes s’ouvrent sur la grande salle de guichets rectangulaire entourée d’anciennes mezzanines (maintenant fermées par des cloisons de verre) et surmontée d’un vaste puits de lumière artificielle depuis les années 1970. Dans le vestibule, des bandes de marbre crème aux veines vertes et beiges et des bandes de marbre rosé aux veines grises et bleues forment des rayures surprenantes – un clin d’oeil à l’Art déco? – dans un ensemble classique en continuité avec l’extérieur. La grande salle des guichets présente des murs ponctués par de hauts pilastres jumelés – en marbre crème avec de longues veines vertes – aux chapiteaux corinthiens dorés. Tous les ornements et moulures des entablements et des caissons du plafond (oves, mutules, etc.) forment un décor classique et sobre respecté lors des travaux des années 1970, sauf pour les luminaires modernes. La richesse des matériaux nobles, tels le marbre crème des murs et pilastres, le marbre gris de Missisquoi des planchers, le marbre gris des comptoirs ainsi que les bronzes des tables, guichets, portes, grilles, cloisons de verres et verrière, participe également à la sobriété classique de l’ensemble. Pour l’essentiel, les matériaux sont canadiens, la plupart québécois. Les armoiries à l’entrée de la salle de guichets soulignent d’ailleurs explicitement, comme à l’extérieur, le caractère national de l’édifice.
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Intérêt et protection patrimoniale du bâtiment  
Le bâtiment est protégé en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, en vigueur depuis le 19 octobre 2012, par le statut suivant :
  • Situé dans le site patrimonial de Montréal (Vieux-Montréal) (déclaré) (2012-10-19).
    Anciennement un arrondissement historique (1964-01-08) (juridiction provinciale)
Le bâtiment est identifié aux documents d'évaluation du patrimoine urbain dans la catégorie suivantes :
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Bibliographie sur l'immeuble  

Pour plus d'information sur l'histoire ou l'architecture du bâtiment,
veuillez consulter les sources suivantes :

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Numéros de référence  
Bâtiment :

0039-47-6466-00

Propriété :

0039-47-6466

Immeuble situé dans le Vieux-Montréal :

Des informations et des liens additionnels peuvent être disponibles sur la fiche de cet édifice dans le site du Vieux-Montréal.

 
Avertissement :

Ce site Web a été produit pour des fins d'information et n'a pas de valeur légale. Pour obtenir de l'information officielle sur un statut de protection légale ou réglementaire, communiquez directement avec l'arrondissement ou la ville concernés et la Direction de Montréal du ministère de la Culture et des Communications du Québec.

 
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Données mises à jour le 19 octobre 2009